5 minutes pour comprendre la nouvelle PAC censée “verdir” l’agriculture européenne

Pour la gauche et les écologistes, c’est une catastrophe. Si c’est vrai, c’est un succès. Le Parlement européen, réuni à Strasbourg, a adopté mardi soir le budget de la Politique agricole commune (PAC) après d’intenses débats. Cette nouvelle version est une étape importante pour les objectifs climatiques européens.

L’eurodéputé est majoritairement favorable aux trois textes qui déterminent le montant alloué à chaque pays de la coalition pour soutenir les agriculteurs, mais il y a encore beaucoup d’opposition. Les gauchistes et les écologistes français, en particulier, ont rejeté tous les changements apportés et les ont jugés insuffisants pour la protection de l’environnement. explication.

Qu’est-ce que le CAP ?

La PAC est un axe majeur de la politique européenne. Créé par le traité de Rome et entré en vigueur en 1962, il a pour objet de réguler les prix et de garantir la quantité et la qualité des matières premières européennes. « C’est l’un des piliers de la Communauté européenne », résume l’essayiste et expert en gouvernance européenne Patrick Martin Genie.

Résultat : la plupart des politiciens ont répondu à l’annonce des élections mardi soir. Par ce vote, le député s’engage à verser d’abord l’aide de l’Union européenne (UE) aux agriculteurs, puis aux 27 États membres.

La nouvelle PAC est surtout dotée de 38,7 milliards d’euros. C’est 6 euros de plus que la version précédente, qui représente un tiers du budget pluriannuel de l’UE. 270 milliards de dollars d’aides seront versés directement aux agriculteurs. Le reste est un soi-disant “plan stratégique” à soumettre à l’Union européenne, distribué à la discrétion de chaque gouvernement.

La PAC a beaucoup d’impact sur les Européens. De nombreux agriculteurs vivent directement de l’aide qui leur est attribuée. « Sans elle, nous serions déficitaires ou augmenterions les prix », explique Michelle Picard, productrice de blé, d’orge et de colza sur une ferme de 50 hectares. La France très agricole a été la première bénéficiaire de la PAC et continuera de le faire en 2023, à 18 % du quota, soit 66,2 milliards d’euros.

Pourquoi est-ce une année très importante ?

La PAC est très importante non seulement pour les questions monétaires, mais aussi pour l’avenir de l’Europe. Les défis de cette année étaient, entre autres, l’agriculture verte et le Vieux Monde. Selon la Commission européenne, la PAC doit accepter un accord vert, un plan d’investissement qui doit faire de l’Europe le « premier continent climatiquement neutre ».

Cependant, l’agriculture est une pratique importante pour le climat. Selon le ministère de la Transition écologique, il s’agit de 19 % des émissions de gaz à effet de serre de la France et c’est le deuxième secteur émetteur après les transports. Certaines pratiques agricoles dégradent le sol.

Cependant, les agriculteurs peuvent se sentir impliqués dans un feu de joie lors d’attaques régulières de catastrophes naturelles associées au réchauffement climatique. « Les paysans font beaucoup d’efforts. L’augmentation des périodes de sécheresse et de gel complique les occupations et rend difficile la mise en place d’injonctions pour les rendre plus respectueuses de l’environnement. “”résume Christian Lambert, président de la FNSEA, premier syndicat agricole de France.

Qu’est-ce qui va changer ?

L’eurodéputé a dû faire face à des urgences climatiques et à une forte demande des agriculteurs, notamment des petites structures qui ont reçu beaucoup moins d’aide que la production industrielle.

Le résultat est quelque chose de très nouveau. Vingt-cinq pour cent des paiements sont soutenus par la mise en œuvre de pratiques d’intégrité supérieure pour l’environnement. Si les réformes ne prennent effet qu’en 2023, la FNSEA déplore le “manque d’activité inventive”. “On n’y arrive pas du jour au lendemain. Il y a un risque que les agriculteurs soient coupés du quart de leurs revenus”, estime Christian Lambert.

De son côté, Fabienne Keller du groupe LREM, l’eurodéputé Aguil, se réjouit du bon compromis. progressive”. Pour les écologistes, cette mesure est généralement considérée comme insuffisante. La nouvelle PAC est enveloppée de vert, mais seulement en surface », précise Marie Toussaint d’EEL VMP.

Problème : Les pratiques nobles ne sont pas ambitieuses. “Il suffit de planter des haies. Cela ne signifie pas un changement de modèle, et les 75% restants sont des barres ouvertes”, conclut le député européen.

Enfin, à l’approche de l’élection présidentielle, le vote de la PAC va reconquérir la division gauche-droite de la France. Les premiers contre EELV de France ont presque tous voté contre et ont décidé que les petits exploitants et les agriculteurs devaient recevoir plus d’argent.

Le deuxième-républicain du centre, soutenu par l’extrême droite, s’est prononcé en faveur de ce nouveau texte, mais a l’habitude de s’abstenir des questions européennes. Dernière preuve de l’importance de cette politique commune, s’il le faut.