Alain Madelin : Continuons à emprunter ! (Cependant, sous certaines conditions)

Avez-vous à peine ouvert un bal électoral présidentiel qui a déjà été proposé sous couvert de milliards de valse ? Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Les Français sont-ils inquiets pour leur pouvoir d’achat, des salaires trop bas pour leurs prestations sociales ? aucun problème. A gauche, on pousse franchement l’accélérateur du SMIC : 1 400 €, 1 500 €, 1 800 €… et, si besoin, payer les enseignants en attendant de doubler les autres catégories.

Au sein des droits républicains, Valérie Pécrès promet une augmentation de 10 % à plus de la moitié de ses salariés, et Xavier Bertrand verse jusqu’à 2000 € (et représente les salaires des 13e et 14e mois).Nous promettons des « primes de travail » aux salariés qui gagnent . Gratuit pour les entreprises, tout est inclus dans le salaire, grâce à des astuces provenant des impôts, des groupes sociaux ou des primes à l’emploi.

Les élections passeront avant l’économie

Bien sûr, il y a des différences entre les candidats. Le chef de l’Etat entend entendre sa différence de sérieux et de crédibilité. Mais chaque jour, notre président (pas encore candidat) multiplie ses revendications d’engagement, qui débordent mystérieusement sur son prochain quinquennat. A l’autre extrême, les écologistes ont déjà prévu 250 milliards d’investissements. C’est trivial étant donné leur mission de sauver la planète.

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Par conséquent, les élections ont lieu avant l’économie. Le Millésime Présidentiel 2022 sera un millésime « à tout prix » ! Si on parle encore de hausses de taxes, il ne s’agit pas d’équilibre financier, il s’agit de punir : punir les riches, punir les mauvais comportements, punir les mauvaises pollutions, punir les mauvaises importations… La récompense revient à l’ISF écologique de Yannick Jadot, c’est-à-dire, un ISF pour les investissements pesés et taxés selon des normes écologiques. Grand coup double : punir les riches et le pollueur.

Grâce au Covid, la classe politique s’est relancée

Et si on est un peu trop fort sur les candidats et qu’on ne peut pas mettre des revenus devant leurs suggestions, ils suscitent des blagues frauduleuses. 100 milliards ou 150 milliards d’évasion fiscale à gauche. Et à l’extrême droite, on estime à 150 milliards de dollars la fraude sociale dont les étrangers sont les premiers bénéficiaires. Bien sûr, ce sont des chiffres qui ne sont pas si sérieux au final. Nous ne pouvons pas demander aux ministères concernés de discuter de la question afin de mettre fin à la campagne dans les plus brefs délais. Cette désinvolture économique “Peu importe le prix” C’est aussi impressionnant qu’il n’y a pas de douleur pour soutenir une économie clouée par un mauvais virus.

Grâce au Covid, la classe politique est de retour. Il a longtemps tenu sa promesse en s’attaquant de front à la croissance de la dette, ce qui a entraîné la méfiance, la hausse des taux d’intérêt, la pression sur l’économie et le jour où la dette devient insoutenable.

L’euro devait embrasser une zone budgétaire commune en partageant des devises. Vous n’avez pas à blâmer l’euro et l’Europe, il suffit d’interdire les politiques qui ne peuvent plus être mises en œuvre dans le franc. L’euro nous a permis de continuer à nous endetter sur le long terme en assurant une sérieuse protection budgétaire allemande.

Un vrai miracle

Des contraintes budgétaires ont finalement été imposées. Cette épreuve a été difficile pour les politiques fous des dépenses publiques. Les droits tentent de se retransformer en promesse de sécurité et d’identité. Gauche de la promesse sociale. Le résultat est un sentiment public d’impuissance qui alimente tous les démagogues populistes.

La crise du Covid a permis aux grandes puissances et à leurs banques centrales de trouver et d’injecter des centaines de milliards et des trillions dans leurs économies. Et, comme beaucoup le croyaient, nous n’avons même pas “fait tourner la presse”. Nous avons simplement levé cet argent sur les marchés financiers à des taux ridicules (et certaines des obligations d’État ont été reprises par la banque centrale). Un vrai miracle pour les politiques exsangues qui pensent retrouver le pouvoir de dépenser d’innombrables fois.

D’où vient ce miracle ? Parce que l’argent n’est plus ce qu’il était. Comme l’économie et la société, elle change. L’époque où les États et les banques centrales contrôlaient les robinets créateurs de crédit des banques commerciales est révolue. Il n’est pas facile d’expliquer la complexité de telles mutations en quelques phrases. Disons qu’au fil des décennies, nous avons assisté à la montée en puissance de la finance de marché mondiale, échappant à la réglementation des banques centrales et traitant des milliers de milliards de créances libellées en dollars. Aujourd’hui, c’est cet acteur bancaire et non bancaire international de la finance de marché qui domine la création monétaire. Ils ont financé la formidable croissance des économies émergentes dans la montée de la mondialisation.

Cependant, pendant 13 ans, la crise financière de 2007, l’ensemble du système financier mondial s’est effondré de manière significative. Les opérations dangereuses des grandes banques centrales ont contribué à la création de taux d’intérêt très bas, nuls voire négatifs. De tels taux sont inhabituels en eux-mêmes. Ils envoient un faux signal à l’économie selon lequel le prix du temps et le prix du risque sont nuls, ce qui, au final, freine la croissance. Mais puisqu’il est vrai que l’on « ne prête qu’aux riches », ils sont la bénédiction céleste pour les plus riches qui peuvent facilement emprunter pour racheter leurs avoirs à moindre coût. C’est aussi un avantage pour les pays qui voient leur endettement diminuer tout en profitant de ces taux d’intérêt très bas pour emprunter davantage !

Certains disent que c’est la preuve que les contraintes budgétaires qui nous ont été imposées n’avaient pas de sens. C’est une grosse erreur, car les contraintes budgétaires d’hier étaient basées sur le bon sens. Ne faites pas glisser votre dette au point de devoir emprunter pour rembourser les intérêts de votre dette précédente. Cela conduit à l’effet boule de neige de la dette. Mais c’était hier.

La dette du covid Nous avons rouvert l’autoroute des dépenses publiques. Tant de grandes causes méritent d’être dépensées. Il semble naturel pour beaucoup de prolonger la guerre avec le Covid avec la guerre contre le réchauffement climatique.

Mutation monétaire

Puis-je continuer à emprunter de l’argent? Vous vous attendriez à ce que je dise non. La vérité me fait dire oui, mais sous certaines conditions. Cela me coûte cher, dans d’autres situations prône toujours une idée d’équilibre budgétaire et le moyen de réduire notre déficit (5%, 4%, 3%…) en 1995 a été mis en place comme ministre de l’Economie.

Si ce n’est pas faux quand de nombreux économistes prestigieux viennent dire que c’est le bon moment pour emprunter aujourd’hui, ils l’expliquent pour la mauvaise raison. Résumer une bonne analyse n’est pas facile. Il faut recommencer à changer la devise. La majorité de la génération de crédit dépend en fin de compte de nouveaux financements sur les marchés internationaux. Si elle est en bonne santé, nous grandirons bien. Ramper comme aujourd’hui ralentira la croissance. Mais pour fonctionner correctement dans la situation actuelle, cette nouvelle finance nécessite une quantité toujours croissante d’actifs sûrs pour se sécuriser et se stabiliser. Ces actifs sont la dette publique des États-Unis, pays européen considéré comme sûr, la France en fait partie, et même la toute nouvelle dette européenne née de la crise du Covid. Le nec plus ultra de ces actifs rassurants est un bon du Trésor à court terme comme le T-Bill aux États-Unis. Dans la finance de marché internationale sophistiquée, ces actifs sécurisés sont insérés plusieurs fois, agissant ainsi comme un multiplicateur de crédit. C’est leur importance. Mais aujourd’hui, ces actifs sont rares et paradoxalement entretenus par les banques centrales. Il se concentre sur le crédit, la génération d’argent et la croissance. Et avec un fort désir de ces dettes publiques, la pression de la demande ralentit.

C’est une fenêtre d’opportunité, au moins jusqu’au moment où la banque centrale comprend mieux et accepte cette nouvelle finance de marché avec le nouveau système financier.

La nouvelle dette doit générer de la croissance

En attendant, la dette reste soutenable tant que nous pouvons payer le fardeau et remplacer l’ancienne dette par une nouvelle dette à échéance sans frais supplémentaires. Pour cette raison, les taux d’intérêt doivent être inférieurs au taux de croissance (ce qui permet de réduire la dette à long terme).

Prérequis : La nouvelle dette doit générer de la croissance. Ils ne doivent pas être utilisés pour les fonctions d’état. Ni l’un ni l’autre ne se nourrit réellement de projets aux bénéfices lointains et incertains, comme les nombreuses bonnes intentions de “sauver la planète” qui ralentissent la croissance. Nous ne devons pas payer pour des mots, mais nous devons faire confiance aux chiffres qui stimulent vraiment la croissance.

Par exemple, nous savons que le lancement d’une réduction d’impôt stimulera la croissance et augmentera les profits. Ou encore les réformes dites « structurelles » de l’État et de notre système social pour accroître l’efficacité des dépenses publiques.

Il n’en va pas de même pour la France, surtout si les Etats-Unis et la Fed ont toute liberté de contrôle. Nos devises, l’euro et la BCE sont partagées avec des partenaires peu commodes. Bien sûr, les règles de Maastricht ont été bouleversées, mais nous travaillons déjà sur de nouvelles. Il est bon d’avoir un traitement spécial pour les dépenses qui peuvent être considérées comme un investissement dans la croissance.

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Pour ce faire, nos politiques devront appréhender ce problème financier sans avoir l’image de l’irresponsabilité financière (même si je sais bien que c’est en dehors du débat électoral). Cela vous aidera à réfléchir davantage avant de dépenser plus.


503 Échec de la récupération du backend

Échec de la récupération du backend

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