Ambroise Méjean : “La vidéosurveillance doit être obligatoire dans les abattoirs”

La majorité applaudit des deux mains. Le projet de loi déposé par la majorité pour « s’opposer à la cruauté envers les animaux et renforcer le lien entre les animaux et les humains » a été largement voté cette semaine par les sénateurs ainsi que les législateurs. Le Représentant de la jeunesse (JAM) auprès de Macron, mouvement de jeunesse au service du président de la République, se veut « plus ambitieux » sur cette question, notamment sur la chasse par les chiens de chasse que JAM veut interdire. Il présente à L’Express une série de propositions pour la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron.

L’Express : Le bien-être animal sera-t-il au cœur de la présidentielle ?

Ambroise Méjean : C’est une préoccupation majeure de la société française, en particulier des jeunes. Je l’ai vu lors d’une élection européenne avec le Parti pour les Animaux, qui a attiré des milliers d’électeurs. C’est donc un sujet central de l’élection présidentielle et c’est sans doute un facteur déterminant pour de nombreux électeurs, qu’ils soient ruraux ou urbains. Pendant longtemps, les droits des animaux et leur bien-être ont été ignorés. Soumis à la majorité des présidents et définitivement adopté mardi, ce texte historique a été porté par un courageux parlementaire. Il s’agit d’un pas en avant historique, mais nous devons être plus ambitieux sur cette question. La majorité doit aborder de nouveaux sujets et, bien sûr, nos futurs candidats.

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Emmanuel Macron est-il en première ligne sur cette question ? En 2017, le site politique et animalier de l’association L214 décrivait les candidats de l’époque comme “une certaine indifférence à la souffrance animale”.

Retour sur les actions menées au cours de ce quinquennat, les avancées d’Emmanuel Macron, du gouvernement et de la majorité. On pense notamment à la fin de la castration des chatons, à la fin du broyage des poussins, à l’interdiction de la vente de chatons et chiots dans les animaleries, et à la fin progressive de la faune sauvage dans les cirques et les delphinariums. Ce sont des avancées concrètes que les écologistes n’ont pu réaliser durant le quinquennat de François Hollande. Jugeons le Président de la République sur ses actes depuis quatre ans, et non sur l’interprétation de ses propos par l’Association 2017.

Pour être précis, L214 vient de sortir une nouvelle image qui suggère une ferme avicole en Mayenne. Vous pouvez voir des volailles mortes et des volailles pauvres. La ferme avait déjà fait l’objet d’une notification officielle de la préfecture en 2012. Y a-t-il une gestion adéquate non seulement pour ce type d’élevage mais aussi pour les abattoirs ?

Je pense que nous avons certainement besoin de plus de contrôle. Bien sûr, des progrès ont été accomplis, comme l’interdiction de l’élevage de poules frayant en cage et le doublement des peines en cas d’abus dans l’élevage. Par ailleurs, le plan de restauration a mobilisé 86 millions d’euros pour moderniser près de 150 abattoirs en France. Mais maintenant, il faut aller plus loin. En effet, il s’avère une fois de plus que certains grands groupes ne respectent pas les conditions habituelles acceptables en matière de bien-être animal. La majorité a mis en place des expériences de vidéosurveillance dans les abattoirs, mais depuis lors, seuls trois ont mis en place. Ce n’est pas assez. Dans un premier temps, une vidéosurveillance généralisée et forcée devrait être effectuée dans les grands abattoirs. Le message doit être clair : imposer une surveillance plus régulière de ces sites. Nous reconnaissons que les petits abattoirs font face à des difficultés financières. Pour eux, ils devront venir à la vidéosurveillance dans un deuxième temps avec un soutien financier du pays. Veuillez inclure cette proposition dans votre programme présidentiel.

Quelles autres démarches menez-vous pour les inclure dans les futurs programmes d’Emmanuel Macron ?

L’un est pour les consommateurs. Nous aimerions avoir un label européen obligatoire pour évaluer la qualité du bien-être animal dans la viande. Plus de 80 % des Français se disent aujourd’hui prêts à manger moins et plus cher de la viande issue d’un élevage respectueux des animaux. Ces labels existent déjà dans certains pays, notamment au Danemark, mais ils sont encore trop isolés. L’idée n’est pas de sanctionner ou de punir les éleveurs avec de nouveaux standards, mais de permettre aux consommateurs de contrôler leurs choix. Cela pourrait être l’un des objectifs du président français de l’Union européenne, qui débute le 1er janvier.

Notre deuxième proposition vise à remédier au fait qu’aujourd’hui, 900 inspecteurs nationaux de la santé publique vétérinaire ne peuvent pas toujours garantir efficacement le respect du bien-être animal. Nous proposons la création d’un nouveau laboratoire vétérinaire national mobile dédié au respect du bien-être animal dans les abattoirs et les élevages. Ils doivent avoir la capacité d’inspecter à tout moment et de sanctionner si nécessaire.

“La chasse par les chiens de chasse doit être interdite”

Le texte sur le bien-être animal a la grande absence de chasse. Le regrettez-vous?

Ce que je regrette, c’est qu’il n’y ait pas assez de progrès sur l’interdiction de certaines pratiques de chasse. Là encore, l’élection présidentielle est l’occasion pour nous d’aller plus loin et de franchir de nouvelles étapes. La chasse aux chiens de chasse doit être interdite. C’est une pratique barbare médiévale sans volonté de réguler les espèces et avec la simple joie malsaine et inappropriée de l’hyperlinéarité. Il a été aboli en Allemagne et au Royaume-Uni, et aujourd’hui les Français sont massivement favorisés. Construisez une base de chasse significative !

A quelles autres pratiques faites-vous référence ?

La sortie de jeux dédiés à la chasse devrait également être interdite. Il s’agit d’élever, de relâcher et de chasser 30 millions d’animaux dits “sauvages”. Il n’a pas d’objet réglementaire. Nous avons vu une vidéo choquante de ces animaux chassés dans un enclos privé sans aucune chance de s’échapper…

Ne posez jamais de questions sur les règles coutumières comme Yannick Jadot, qui veut interdire la chasse les jours fériés et les week-ends.

Yannick Jadot n’interdit pas la chasse aux chiens de chasse, mais interdit les périodes de chasse. Sa proposition est incohérente, exagérée et démagogue. La chasse est comme une interdiction, car des centaines de milliers de chasseurs chassent le week-end et les jours fériés.

Et surtout, gardez à l’esprit que le but de la chasse est de réguler le gibier. Sans elle, il y a un risque de développer des espèces nuisibles aux écosystèmes et aux agriculteurs. Et Yannick Jadot oublie que 9 accidents de chasse sur 10 sont liés au chasseur lui-même, sa proposition ne protège donc pas le chasseur.

Vous dites que la “régulation des espèces” est la mission principale du chasseur, mais ce n’est pas l’avis du président Willy Schlen de la Fédération nationale de chasse, qui l’a déclaré haut et fort il y a quelques années. Dans l’acte de chasser (…) Je me fiche de la réglementation. “

Ce qu’il dit n’est pas aussi intelligent que la suggestion de Yannick Jadot. Il vise l’opinion publique dans l’espoir de protéger le chasseur. Willy Schlen n’est clairement pas le meilleur avocat pour un chasseur. Il est obscène lorsqu’il vient expliquer que la seule passion du chasseur est de tuer pour la joie. Il en va de même lorsqu’il imagine le rôle de la police locale pour les chasseurs. Cette mission est la mission de la police et des institutions publiques. Sa provocation aide les chasseurs qui connaissent leur rôle d’un point de vue réglementaire, comme beaucoup me l’ont dit en Ardèche.

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Alors, avez-vous besoin de plus de contrôle sur le chasseur ?

C’est une autre de nos suggestions : l’obligation d’un certificat d’aptitude à la chasse de 10 ans. Il y a encore trop d’accidents de chasse en France, avec une moyenne d’environ 150 par an. Et il y a un problème symbolique qui doit faire changer d’avis, surtout je pense à Morgan Keane, qui a été tué à l’âge de 25 ans par un chasseur qui l’a pris pour un sanglier. Nous devons nous assurer que tous ceux qui chassent sont autorisés à le faire. Nous devons vérifier régulièrement que les chasseurs pratiquent en toute sécurité. Par conséquent, tous les 10 ans, ils passent un test pour vérifier leurs compétences de chasse. Aujourd’hui, les licences ne sont révoquées que si une violation grave des règles est constatée, c’est-à-dire s’il est déjà trop tard.


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