Anne Hidalgo et “Primary on the Left” : dans les coulisses des jeux de poker

Quoi qu’il en soit, la semaine d’Anne Hidalgo n’a pas bien commencé. Fait rire les mauvais esprits “comme sa campagne”. Lors de la conférence de Perpignan prévue dimanche prochain, il y a si peu d’inscrits qu’elle serait annulée pour des raisons de santé. Les banques ralentissent pour financer des campagnes qui n’ont pas commencé depuis la date de début il y a quatre mois. Côté sondages, rien ne va plus ! Une enquête L’Express et BFM Elabe n’a fourni que 3% des intentions de vote, d’Arnaud Montebourg à 1 point. La douche est froide et gelée. “Ça devient fulgurant”, avoue le premier lieutenant en pleine effervescence.

Elle cherchait un choc électrique pendant des jours. Plutôt que de réveiller sa campagne, elle n’y croit plus vraiment, mais demain, c’est trouver une bonne voie dans cette élection présidentielle plus dure. “Anne Hidalgo ne peut plus reculer”, a-t-il expliqué au socialiste Cassique en moins d’une semaine. Et pour cause : ceux qui n’ont cessé de la répéter sans renoncer à la course à l’Elysée ont obtenu ses 500 signatures sans trop de difficultés et la machine socialiste est pleinement fonctionnelle.

“Nous sommes silencieux”

Cependant, la donne a changé dans l’esprit du maire de Paris, devenu candidat à la présidentielle. “L’offre politique d’aujourd’hui ne peut se résumer que par un candidat de droite, un autre d’extrême droite, et deux candidats d’extrême droite. Comment parvenir à un accord ?” Si la défaite attend la gauche, Hidalgo refuse d’assumer seul la responsabilité. Ses collaborateurs justifient : « On se tait, c’est vrai, mais les écologistes nous parlent de foie gras depuis deux semaines… c’est leur Révolution culturelle ? D’accord. Toute la gauche, sans exception, Eric. » Je suis absent du débat de le président, qui était en difficulté par Zemmour.

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Plus les mauvais votes passent, moins l’idée de la primaire à gauche est ridicule. Il y a une semaine, elle s’était confiée pour la première fois à un tout petit cercle. “A chaque fois qu’elle se rend en France, les sympathisants qu’elle rencontre ne parlent que de la coalition de gauche ici, de la coalition de gauche là-bas”, a expliqué le sherpa rural. Notamment, parce que tout est prêt ou presque pareil, les partisans de la « primaire populaire » vont rassembler 230 000 inscrits et les soumettre aux cinq candidats du Bloc de gauche pour ce processus. Ils seront le garant d’Anne Hidalgo.

L’appel de Taubira

Tôt dans la matinée du mardi 7 décembre, Anne Hidalgo annoncera le match devant un petit comité de campagne composé de membres soigneusement sélectionnés. Elle appelle à organiser la primaire à gauche d’ici quelques jours. S’il est vaincu, il le sera. “Elle sort par la porte d’entrée, tout comme elle a rendu cette primaire possible”, imagine un proche qui n’hésite pas à gagner. «Si elle gagne, la porte du second tour s’ouvrira.» Elle sait qu’Arnaud Montebourg, qui veut regagner de la popularité côté gauche, lui donne la préférence. Christiane Taubila n’a pas encore abandonné l’idée de revenir dans le jeu pour la présidentielle de 2022. Selon nos informations, elle a récemment augmenté le nombre d’échanges téléphoniques concernant les questions primaires. Anne Hidalgo.

Anne Hidalgo s’évadera du train en gare de Poitiers ce mercredi à 11h00. Ce n’était pas prévu, son billet l’emmenait à La Rochel. Elle doit bientôt rentrer à Paris pour trouver le prétexte d’un rendez-vous lié à la santé. Ce n’est pas le cas. Elle a réussi à s’inviter sur TF1 pendant 20 heures. Après un reportage sur les huîtres et l’eau du robinet, elle appelle la gauche à organiser la primaire “avec des candidats qui veulent diriger et gouverner ensemble”. Un peu plus tôt dans la journée, Arnaud Montebourg a appelé à “ce rassemblement” alors que “l’extrême droite est aux portes du pouvoir” tout en “se pressant”.

Faire pression sur Jadot

Le jeu de poker Anne Hidalgo l’a sorti de son chapeau sans vraiment avoir de carte. Ce n’est pas un as, un roi, une reine ou un valet. “Elle va bluffer”, ose un socialiste qui s’est étonné de la manœuvre de sa candidate. “C’est le résultat d’un long voyage, mais une fois sa décision prise, elle a voulu aller très vite. Elle est dans une logique agressive sur ce sujet”, ont déclaré son entourage. Des promesses. Déjà à 17 heures, la plupart des lieutenants de campagne ignorent encore ce choix tactique décidé par Hidalgo. Même le patron du PS Olivier Fall n’est pas encore informé. Je manque de temps et je m’étonne du flot de candidats au PS. Elle l’expliquera plus tard, à 21h30, exceptionnellement devant une réunion du bureau national.

« La stratégie est simple et la pression. Si vous avez Hidalgo, Taubila, Montebourg, et la populaire primaire jeunesse, Yannick Jadot et Jean-Luc Melenchon joueront en solo, pour ne pas dire égoïste. Ce sera difficile à faire. A vrai dire, cette œuvre est bien plus Yannick Jadot qu’Insoumis, comme l’expliquent des membres de l’« Equipe du maire de France » autour d’Hidalgo. Je sais que ce n’est pas un long fleuve tranquille, mais ça marche et c’est l’attente de nos électeurs. Yannick doit le prendre en charge. ”

« Accord de gouvernement »

Les écologistes, qui luttent aussi avec la campagne, n’ont pas mordu le bluff d’Hidalgo. “On fait déjà la primaire. On ne va pas tout recommencer”, tranche les assistants de Yannick Jado. En particulier, une discussion parallèle loin d’Anne Hidalgo a été couronnée de succès entre écologistes et socialistes, j’ai donc expliqué à l’exécutif d’EELV L’Express qui a osé utiliser le terme « accord de gouvernement » la semaine dernière. Ouvert à tous et échange, mais n’a pas encore commencé les négociations. C’est prématuré et les socialistes continuent de nous dire qu’ils vont au bout.

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Il aura fallu moins d’une heure aux personnes autour de Jean-Luc Melenchon, Fabien Roussel et Janic Jado pour répondre à l’invitation d’Anne Hidalgo par un « non » affirmé, cruel et prévisible. Ce jeudi matin, le candidat écologiste lui a assuré que “je ne participerai pas à la primaire de gauche”. Son pari était pascalien. Le syndicat est un paradis, mais aucun de ces cinq candidats, même elle, n’y croit vraiment. Et à gauche, l’enfer est toujours un peu plus proche.


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