Ces villes françaises en quête de “l’effet Bilbao”

Tout un symbole. Le musée du Louvre, construit sur des tuiles de mine en verre et aluminium poli, a été inauguré le 4 décembre 2012, jour de Santo Barbe, patron des mineurs. Depuis lors, parallèlement à l’exposition permanente, des expositions spéciales de grande envergure comme le « Louvre de Pablo Picasso » actuellement en cours se sont poursuivies. Ce projet a fait naître l’espoir de la renaissance d’un bassin minier frappé par la crise et la pauvreté. Dix ans plus tard, l’impact est clair. Tout d’abord, l’arrivée du musée a apporté une meilleure visibilité sur l’ensemble de l’offre culturelle locale. “Cela fait l’effet d’un vrai Louvre. Le maire de Lens Sylvain Robert affirme. La plus grande marque culturelle du monde est là. Tous les regards sont braqués sur nous. Le Louvre. A contribué à changer la notoriété de notre territoire, accélérant ainsi de nombreux projets économiques, pas seulement le secteur du tourisme, “environ 30.000 élus de cette ville. Continue d’être un résident de.

La ville a vu naître plusieurs start-up spécialisées dans la culture. Il a notamment été nommé French Tech, grâce à l’incubateur muséal, le Musée du Louvre Lansvalle. Plus surprenant encore, le maire affirme que les chefs d’entreprise oeuvrant dans d’autres domaines d’activité sont attirés par la nouvelle image de la ville. Il a également évoqué le centre de rénovation de voitures d’occasion, annoncé en avril 2022 et soutenu par deux acteurs majeurs du secteur, le groupe Emil Frey et le groupe BC Auto. Mécanicien, Body Painter, Commerçant : Les deux entreprises recherchent environ 170 employés.

Le moteur de l’attractivité culturelle et économique

De l’autre côté de la France, en Occitanie, il y avait bien longtemps qu’un événement culturel n’avait sculpté le territoire d’un pays enclavé sur la carte mondiale du jazz. Au festival, Marciac, village du Gers de 1 200 habitants, attire chaque année environ 250 000 passionnés, français et étrangers. Le maire Jean-Louis Guilhaumon faisait partie d’une poignée d’amateurs qui ont lancé l’événement il y a 43 ans.

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“A cette époque, nous ignorions les développements que connaîtraient nos idées. Je me souviens de celui qui préside aujourd’hui le jazz à Marciac. ” Astrada, collaboratrice publique, propose des programmes tout au long de l’année. Il en va de même pour l’atelier d’initiation au jazz à l’université. « Ce festival a été un moteur dans les domaines du développement économique et touristique, ajoute Jean-Louis Guilhaumon. L’impact économique sur le territoire est estimé à 20 millions d’euros (avant la pandémie), par exemple, il y a plus de 8 restaurants sur la commune. La ville envisage actuellement d’accompagner les porteurs de projets du secteur culturel pour créer une véritable filière économique. Par exemple, un espace de coworking artistique a été créé.

Miser sur la culture pour renforcer son attractivité : Marciac n’est pas la seule ville à suivre cette voie. Depuis 2018, certains sont soutenus par la Banque des Territoires dans le cadre du plan gouvernemental Action Cœur de ville pour les villes moyennes. « La culture est l’un des thèmes les plus prometteurs », a déclaré Michel François Delanoy, responsable du programme régional au sein de cette division de la Caisse des Dépôts. Et un exemple est un corps. A Dieppe, l’ancienne usine de tabac a été transformée en complexe cinématographique (voir page 90). A Auxerre, le Monastère Saint-Germain se transforme en « ville d’art et de parole ». A Périgueux, des plans sont en cours pour valoriser le patrimoine culturel gallo-romain… au-delà de cet objectif, redynamiser le centre-ville, souvent fragilisé par la concurrence des grandes surfaces installées alentour.Trop d’initiatives d’intérêt.

Classement des villes les plus culturelles

Classement des villes les plus culturelles

Dario Ingiusto / L’Express

Redynamiser le territoire

D’autres maires ont mis en place de front un « quartier culturel et créatif », où se concentrent équipements, espaces de création, artistes et événements. Là encore, il y a une ambition de revitaliser le territoire. Ces projets foisonnent depuis 20 ans en France et dans le monde, ainsi que dans les métropoles, comme le montre un rapport publié l’an dernier par l’Institut régional de Paris. « A l’origine, de nombreux domaines sont nés spontanément », explique Basile Michel, professeur de géographie à l’université Sergi Paris. Souvent, ils apparaissent dans des zones populaires, des friches ou des zones abandonnées. L’artiste s’y est installé. Leur a apporté une aura d’art et de culture. Basil Michel a déclaré que cela les avait transformés en lieux à la mode et attiré des touristes qui “sont devenus représentatifs de l’un des éléments clés de la vie locale avec leurs offres culturelles diversifiées”.

C’est le cas, par exemple, dans le quartier du Bellat à Grenoble, où l’on trouve des salles de concerts, des théâtres et des pièces de street art… C’est aussi le cas dans le quartier Création de Nantes, qui a été lancé par un établissement public. Tour d’horizon des hauts lieux culturels de Loire Atlantique. Demain, La Ciutat, la cité créative de la culture béarnaise, où François Bayle s’apprête à ouvrir dans la bonne ville de Pau, pourra postuler.

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Qu’elles soient volontaires ou planifiées, ces transformations font plus que profiter. « Il y a souvent un processus de gentrification, explique Basile Michel. Les prix de l’immobilier montent. La structure économique est en train de changer. Les offres culturelles s’y concentrent pour nuire aux autres quartiers… la rançon du succès est incontestable. Ce faisant, nous espérons bénéficier de « l’effet Bilbao » du nom de cette ville du Pays Basque espagnol, qui s’est énormément développée après l’arrivée du Musée Guggenheim, ainsi que des élus. Attention toutefois à la déception et avertissez Basile Michel. « La transformation de cette ville industrielle menacée en une ville culturelle fascinante est un modèle, mais le même modèle ne fonctionne pas toujours partout. » Avis aux parties prenantes…


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