« C’est une interruption du système » : un patient meurt dans le sel faute d’anesthésiste

Le cauchemar dont craignaient les soignants des hôpitaux publics est-il enfin devenu réalité ? Le 1er novembre, un patient en urgence vitale s’est rendu aux urgences du Centre de santé de Salt Eloir (PSSL) à Bayur, entre La Flèche et Sablé-sur-Sart. Cependant, cette structure a continué à être en sous-effectif pendant des mois, mais les hommes ne pouvaient pas être correctement pris en charge. Selon des sources journalistiques, le patient était “trop ​​tard pour être pris en charge” et a été transféré d’urgence à l’hôpital Mann, à environ 40 kilomètres, et est décédé d’une péritonite. Ouest de la France..

Une enquête interne a été ouverte au sein de l’hôpital Bailleul pour faire la lumière sur cette situation tragique. “Même si on prend en charge plus tôt, ce patient est peut-être décédé, il faut donc garder un œil sur cette histoire”, a déclaré Lionel Imsard, chef des urgences du Centre hospitalier Duman. Le médecin montre des nuances. Mais les médecins sont autoritaires. Le drame en dit long sur les conséquences d’une pénurie de personnel infirmier dans les hôpitaux publics. C’est d’autant plus vrai si l’installation repose en partie sur la présence d’un médecin intérimaire, comme le Centre de Santé Sel et Loire à Bayur. « S’il n’y a pas de substitut à un médecin absent, cela peut être très compliqué », explique le Dr Imsard.

Le 1er novembre, l’hôpital Bailleul a dû gérer quelques complications. Principal Libre Par exemple, dès le 25 novembre, une patiente souffrant d’une grossesse extra-utérine aurait dû être transférée en urgence dans un hôpital du Mans, mais l’absence d’anesthésiste rendait difficile la prise en charge de six. “La situation était tendue pendant des mois. L’incident était presque prévisible”, déplore Johnny Vanier, secrétaire adjoint de la CFDT de l’hôpital. Régulièrement, les services d’urgence structurels sont contraints de fermer temporairement leurs portes faute de médecins en nombre suffisant et de rediriger les patients qui se présentent seuls vers d’autres hôpitaux de la région. « On souffrait d’un anesthésiste, mais ça peut arriver. Le problème, c’est qu’on ne savait pas comment le remplacer », a expliqué Johnny Vanier.

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“Défaillance du système”

Un mois après cette sombre journée, les syndicalistes sont inquiets. “Si on ne trouve pas de solution tout de suite, on a évidemment peur que ce genre de situation se reproduise”, souffle-t-il. L’angoisse partagée par sa collègue Lina Mario a été élue à la CFDT et a été infirmière auxiliaire au sein de PSSL Dubayur. « Il n’y a pas d’anesthésiste à l’hôpital. Même 12 heures, c’est dramatique. Que ferions-nous si la santé du patient se détériorait ? Nous ne sommes plus à l’âge de pierre et allons opérer les gens sans anesthésie. Il n’y en a pas ! », crie-t-elle. Rébellion. Pendant des mois, une infirmière auxiliaire a constaté une pénurie « continue » de personnel dans son établissement. Cela est dû à un manque de poste, une démission ou un congé de maladie. “Il y a des soignants qui préfèrent retourner dans l’industrie alimentaire plutôt que de travailler dans un hôpital public… ça fuit d’un coup et les personnes restantes essaient de faire avec. C’est le serpent qui mord la queue et on vient à lui , “elle dit.

“Il semble que nous soyons vraiment confrontés à une défaillance du système par manque de moyens internes”, résume Nadine Grelet, maire de La Flèche (PS) et présidente du conseil de surveillance du Centre de santé Sarthe et Loir Certenais. Marqués par le décès de ce patient, les élus attendent les résultats d’une enquête interne qui “répond aux questions requises” sur le déroulement exact de la journée. « S’il avait été pris en charge avant, cette personne serait-elle morte ? Y avait-il quelque chose qui n’allait pas ? Comment a-t-il pu éviter une telle tragédie ? Nous rappelle la nécessaire proximité. J’ai besoin d’une réponse pour une urgence dans une région comme nous », elle explique. “Cette tragédie s’est produite parce qu’il n’y avait pas de plan B. C’est un signal d’avertissement.”

Auparavant, les patients reçus par PSSL du Bailleul étaient redirigés vers les hôpitaux d’Angers ou du Mans, distants chacun d’environ 40 km, surtout si les services d’urgence étaient fermés. Selon le Dr Lionel Imsard, la situation est loin d’être soutenable. “Cela rend le travail très compliqué”, souligne-t-il. “Nous devons trouver d’autres points de dépôt pour nos patients et les distribuer dans d’autres hôpitaux… Erreur “.

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Dans une interview accordée à L’Express la semaine dernière, les médecins ont également rappelé la “suractivité des soignants” provoquée par ces possibles transferts. « Les situations d’urgence débordent déjà. […] Il y a un manque de place et le personnel est surchargé », a-t-il témoigné. La patiente dont nous parlons “regrette Nadine Grelette Sertenice, qui avoue se fatiguer le dos en attendant une solution plus durable”. “Nous sommes inquiets”, dit-elle. “Les gens se demanderont où aller en cas d’urgence et quelle sera la qualité des soins une fois sur place. Aujourd’hui, les hôpitaux publics ne semblent plus remplir leurs fonctions”, accuse le représentant.


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