Christoph Donner : de l’abstraction à l’émotion


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Le Corps des Marines est une modeste ville de Valdwards, avec un silo de stockage de céréales tout en béton au milieu, qui abrite désormais les collections de Françoise et Jean-Philippe Villarant.

Tout a commencé avec des tableaux achetés à la galerie de la rue Matignon. Matignon est une jolie scène de neige où lui et elle sont tombés amoureux l’un de l’autre. Les habitants de Villarant l’ont pendu devant son lit et ont progressivement cessé de le regarder, mais soudain il a juste soupiré et s’est rendu compte qu’ils ne l’aimaient plus. Pris au piège de la déception de cette passion éteinte, rien ne semblait plus urgent que de rendre ce tableau au propriétaire de la galerie de la rue Matignon. De retour dans leur chambre, à travers le cadre de ce tableau, j’ai été soulagée devant la fonction du mur, la couleur, et surtout ce mur vide, qui a fini par ne plus être répété par eux : c’est beau, c’est naturel, c’est souvent rendu, perspective, lumière, quel artiste. C’est fini, et c’est alors qu’ils partent à la conquête de l’art abstrait, voire de l’art conceptuel.

Quarante ans plus tard, ils possèdent mille pièces, dont ils changent de tentures tous les deux ans.

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A droite de la place du silo, au milieu de la friche, se trouve une sculpture en métal de Felice Varini. Il veut le garder pour les enfants car il ne vient pas de Villarant et Valini ne voulait pas le leur vendre car il le possédait pour la dernière fois dans cette série. Il est dans les sédiments et rouille tranquillement entre l’herbe. Ça a du sens. Il n’est pas là. Valini est un artiste qui projette le principe de non-expression dans l’univers, qui est l’un des mystères de l’art abstrait. Il repousse les limites. Il faudra être là pour mieux vous l’expliquer. En résumé, dans le chaos des perspectives infinies, chacune de ses œuvres spatiales parfois monumentales a toujours une vue, reconstituée en louchant, et n’en représente donc qu’une. Former. .. Cependant, ce point P est aussi le moment M. C’est parce que vous devez regarder très rapidement les formations de forme, les carrés rouges, les cercles jaunes, les triangles bleus, etc., laissant la place aux autres de s’installer très rapidement à ce stade. Lorsque cette complexité spirituelle chaotique disparaît de nos yeux éblouissants, c’est une naissance, un élan incontrôlable d’émotions.

Villarant soutient que les œuvres doivent d’abord être rejetées par nous, tout comme nous devons nous méfier des œuvres amusantes d’un coup d’œil : elles sont toujours amusantes pour la mauvaise raison. Après nous l’avoir révélé, ils nous accompagnent dans le silo. Car si l’entrée n’est pas payante, tout n’est pas gratuit. Vous devez faire une promesse. Vous devez tout gagner, et il ne fait aucun doute que vous errez entre les œuvres comme un imbécile. Sans parler de faire des visites sympas, ils veulent nous éduquer. Ils croient que c’est par la connaissance que l’on peut expérimenter la joie de l’art contemporain.

La première pièce à l’admission est une comédie musicale, avec Véronique Jumar fixée au plafond, haute de 5 mètres et une dizaine de fontaines. En le tirant vigoureusement, on provoque des émissions visuelles et sonores, rappelant immédiatement l’écorce de l’oiseau cachée dans cette forêt de métal.

Juste après, c’est la pièce de Richard Serra. Il pèse plus d’une tonne. Elle garde l’équilibre. Buren l’a loué un jour au musée, et un transporteur qui n’avait jamais manipulé un objet aussi lourd l’a laissé tomber, endommageant la grande toile de Daniel Buren, également louée par un collectionneur. Drame. Les parents ont dû réorganiser les bandes de tissu de bout en bout, mais les réparations sont encore visibles, comme des cicatrices.

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C’est ainsi que les travaux en silo collectent des souvenirs, et les histoires qu’ils créent évoquent des émotions, mais sont pleines de beauté et d’intelligence.


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Nicolas Bouzou, économiste et essayiste, est le fondateur et directeur du cabinet de conseil Asterès.Nicolas Buzo

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