Coup d’État, manif, coup d’État : tout comprendre de la crise soudanaise

Un tournant dramatique dans la crise qui secoue le Soudan depuis près d’un mois : le Premier ministre Abdullah Hamdock, qui a été limogé lors d’un coup d’État militaire le 25 octobre, s’appuie sur un accord formellement signé avec le général Abdel Fatta al-Burhane de Khartoum, inauguré le Dimanche. Abdullah Hamdock a prononcé une courte allocution avec le général Burhane, chef de l’armée et auteur de la rébellion, dans la première place publique depuis que la rébellion a été placée sous la tutelle de la maison. Les deux hommes se sont déclarés déterminés à remettre la transition vers la démocratisation sur les rails lors de la cérémonie de signature au palais présidentiel, où des milliers de manifestants anti-coup d’État manifestaient.

Depuis l’automne 2019 par le dictateur Omar el-Béchir, le pays a connu une transition subtile qui conduira à des élections libres fin 2023.

Le 25 octobre, presque tous les civils du gouvernement, dont le Premier ministre Abdullah Hamdock, ont été arrêtés après avoir refusé de soutenir le coup d’État du chef d’état-major Abdel Fatta al-Burhane. Il a annoncé la dissolution des autorités intérimaires, le limogeage de nombreux fonctionnaires et a déclaré l’état d’urgence. Il soutient toujours qu’il souhaite une « transition vers un État-nation et des élections libres en 2023 », et le Soudan affirme qu’il reste lié par un accord international initié plus tôt cette année, notamment dans le processus d’approbation israélienne.

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Le bureau du Premier ministre appelle les Soudanais à manifester pacifiquement. Au moins sept personnes ont été tuées et 80 blessées dans la fusillade à Khartoum, selon un syndicat de médecins favorable à la démocratie, lors d’une manifestation à grande échelle condamnant les émeutes largement critiquées par la communauté internationale. Washington suspend 700 millions de dollars d’aide.

  • Désobéissance civile, pression internationale

Des milliers de Soudanais ont manifesté à Khartoum le 26 devant les forces de sécurité déployées sur les ponts et les autoroutes. La plupart des magasins ont fermé après les appels à la “désobéissance civile” et aux “grèves générales”. Abdullah Hamdock est interdit de séjour chez lui. Le 27, les arrestations d’activistes et de manifestants se multiplient et les affrontements se poursuivent. L’Union africaine suspendra le Soudan et la Banque mondiale suspendra son aide. L’Envoyé spécial des Nations Unies au Soudan rencontrera le général Burhane et M. Hamdock.

  • L’ONU appelle à un gouvernement dirigé par des civils

Le 28, la manifestation est devenue une nouvelle victime. Après plusieurs jours de négociations, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé à la reconstruction d’un “gouvernement intérimaire dirigé par des civils”, toujours à la demande du président américain Joe Biden. L’antenne de la radio FM a été scellée tandis que le patron de la télévision d’État a été limogé et Internet a été coupé depuis le coup d’État.

Le 30, des dizaines de milliers de Soudanais manifesteront contre le coup d’État. La répression tue trois personnes. Le 1er novembre, l’envoyé spécial de l’ONU à Khartoum a évoqué l’effort de « médiation ». Le 4, sous la pression internationale, quatre ministres sont libérés. L’armée annonce la formation “imminente” du gouvernement.

Des dizaines de manifestants ont été arrêtés le 7 lorsqu’une grenade lacrymogène a été tirée le premier jour d’une nouvelle campagne de désobéissance civile. Le 9, Troïka (Royaume-Uni, États-Unis, Norvège), qui manipule la question soudanaise, a exigé la réinstallation de M. Hamdock.

  • Nouveau conseil souverain

Le 11, le général Bruhane nomme un nouveau conseil souverain, dont sont exclus les représentants de Brock exigeant le transfert du pouvoir au secteur privé. Avec le deuxième général Mohammed Hamdandagur, dit “Hemedy”, qui est responsable de la Force de soutien rapide (RSF), il promet une “élection libre et transparente” à l’été 2023. Le lendemain, Washington et Bruxelles condamnent les nouvelles élections. Conseil de transition. Adama Dieng du Sénégal a été nommé par les Nations Unies en tant qu’expert des droits de l’homme au Soudan.

  • protestation supprimée

Au moins huit personnes, dont trois adolescents, ont été tuées par les forces de sécurité le 13 lors d’une répression de la mobilisation qui a rassemblé des dizaines de milliers d’opposants au coup d’État. Le 14, le directeur de la chaîne qatarie Al Jazeera à Khartoum a été arrêté. Il sera libéré dans deux jours. Le 17, 16 manifestants ont été tués lors de la journée la plus sanglante depuis l’émeute de Khartoum, tuant au moins 40 personnes, dont cinq adolescents. Internet a été rétabli le 18.

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  • Accord sur le retour du Premier ministre

Le 21, les médiateurs ont annoncé qu’ils avaient accepté de renvoyer le Premier ministre Abdullah Hamdock à son poste et de libérer les responsables civils au début de la journée de la manifestation, ce qui a fait craindre de nouvelles répressions.


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Stéphane ValenskiStéphane Valenski

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Crédit : LAURA ACQUAVIVAChristoph Donner

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Robin Rivaton, essayiste, membre du Conseil d'évaluation scientifique de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapole).Robin Rivaton

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"Si ce n'est pas faux quand de nombreux économistes prestigieux viennent dire que c'est le bon moment pour emprunter aujourd'hui, ils s'expliquent pour la mauvaise raison."Considérez Alan Madran.Alain Madelin