Diabolisation politique : la stratégie de défaite d’Abnousse Shalmani reste inchangée

Tout au long de mon adolescence, à chaque élection, Jean-Marie Le Pen était un crochimiste qui s’échappait de sa caverne pour dévorer le débat politique. J’étais un parisien de 10 ans, et après deux ans de révolution et la guerre qui faisait rage en Iran, je tremblais en famille à chaque fois que quelqu’un menaçait mes chances de retrouver une vie normale en France. A chaque élection, on scrutait les scores du Front national, comme un baromètre d’espoir pour l’avenir de la France. Lundi après le scrutin, le trottoir de l’école s’est transformé en une sorte de séance de catharsis collective, et l’heureuse maman a béni ma mère ou mon père d’une tape sur l’épaule et d’une « belle évasion ». Puis j’ai senti que tous ces Français votaient contre Jean-Marie Le Pen pour nous protéger et nous transmettre leur amour.

Certes il y avait cette famille d’à côté qui a voté pour le Front national, mais ils nous invitaient à dîner, mon frère était un ami de leur petit garçon, et la France était “sous la vague des immigrés” Sauf leur peur viscérale de voir “disparaître “, je ne me souviens pas avoir entendu des propos racistes – c’est la dominance française ou blanche, ou cela signifie le désir de noyer des noirs, des arabes ou des juifs, ou l’idée de refuser de fréquenter des étrangers. Ils voulaient un « étranger français » qui aime la France autant qu’eux. C’est chez eux qu’ils ont trouvé du bulginyon de bœuf, des couvertures de veau et des moules. Ensuite, à mon arrivée, j’ai donné un cours de français et d’histoire à mon fils qui ne parlait pas français. La famille a ensuite continué à voter loin à droite, mais à ce jour, nous recevons leurs cartes de vœux de Noël.

La diabolisation s’est propagée

En avril 2002, l’apparition du visage de Jean-Marie Le Pen sur l’écran de télévision fut un choc soutenu par 20 ans de diabolisation, alors ma mère était toute prête à plier bagage. Le 21 avril était aussi son anniversaire. Dégoût personnel. Qui se souvient encore des démos monstres qui suivent le premier tour aujourd’hui (la dernière, 15 médias mobilisant, en fait des monstres, et 15 avant le 11 janvier 2015).Ce n’est pas une grosse démo spectaculaire qui mobilise les médias). Comme si une lutte de longue date avec le Front national culminait en ce merveilleux mois d’avril – le temps était si doux qu’il a poussé plus de citoyens dans le parc que dans l’isoloir – certainement ennuyeux et fatigué. Avant de mourir. Le drame du 21 avril est certes un vote dispersé, le drame “Classico” à gauche, mais surtout le drame de l’abstention qui a été le protagoniste de toutes les élections depuis lors.

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En revanche, la diabolisation est généralisée. Les fascistes, ceux qui pensent que les immigrés sont des opportunités, que des opportunités. Fasciste, une personne qui reconnaît le totalitarisme dans l’islamisme. Un fasciste, une personne qui pense qu’une femme avec un pénis est un homme. Fasciste, qui croit en la justice, pas en la vengeance. Fasciste, il a peur du racisme, qui n’est que du racisme. Un fasciste qui croit que le changement de sexe des mineurs sera le prochain scandale sanitaire. Un fasciste qui refuse de réécrire l’histoire au nom d’un crime contre une minorité de guimauves. Les fascistes, ceux qui voient le compromis des opportunistes de droite dans les erreurs impardonnables de la gauche et la montée implacable de l’extrême droite. Un fasciste qui voit Paris pillé par Anne Hidalgo. Fascistes, ceux qui pensent que l’obésité est un danger pour la santé. Par conséquent, en voyant des fascistes partout, nous ne voyons plus de démocrates nulle part.

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Au contraire, la diabolisation n’a pas freiné la hausse continue des votes pour le Rassemblement national, devenu le Rassemblement national. Pendant ce temps, mon cousin est arrivé d’Iran. L’Iran est un merveilleux cousin, un futur juge de paix, et a sans aucun doute voté au parlement. Nationaliste iranien, nationaliste français, il n’a pas hésité. Pendant ce temps, la moutarde m’est montée au nez. C’est tout ? Tout pour recommencer avec un autre candidat potentiel ? Tout ça pour refuser d’ouvrir un vrai débat sur l’immigration, les affectations, l’intégration, la drogue, les nations, la culture, l’amour de la France, de peur de tomber dans l’extrême droite ? En dansant sur le volcan, vêtus de vertus fantastiques, nous nous sommes assis tranquillement sur la table avec le bord droit et avons écouté le cri « A bas le fascisme ! ». De quel fascisme s’agit-il déjà ?


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Le dernier réacteur français a été lancé en 2004.Cécile Maisonneuve est Senior Fellow à l’Institut Montagne et Conseillère au Centre Énergie et Climat de l’IFRI.

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