En Auvergne, Sylvain « consacre plus de temps à gérer qu’à des chantiers ».


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Il y a trop de lois, trop de normes, trop de réglementations et d’étouffement. « On ne comprend plus rien ! C’est ce que des chefs d’entreprise, des start-up, des agriculteurs, des maires, des directeurs d’école, ou de simples usagers des services publics nous ont raconté ce que nous avons fait dans le Tour de France. L’enfer exécutif, vécu comme la capitale du Diktat, a alimenté la colère des Gilets jaunes il y a trois ans dans de nombreux endroits. Le choc de la simplification que les dirigeants successifs ont promis à maintes reprises ne s’est jamais produit. Et l’inflation législative s’est poursuivie pendant le quinquennat de Macron. Des mots français au bord de la faiblesse de la mémoire.

Plus de 1 cm par an ! En bon constructeur, Sylvain Masonault sort son mètre ruban lorsque nous discutons avec lui des tracas administratifs et de la paperasse associée. Il y a vingt ans, le directeur général de Tradimaisons, PME spécialisée dans la construction de pavillons, déclarait : « Les dossiers dans les maisons individuelles n’avaient que 3 centimètres d’épaisseur, mais maintenant près de 30 centimètres ! » Assurances, contrats de travail, déclarations diverses , échanger des mails qu’il faut conserver en cas de litige… “peut passer plus de temps à gérer qu’un chantier”, s’agacent des entrepreneurs auvergnats. Du coup, si une secrétaire suffisait à assurer le suivi de gestion de 100 foyers à la fin des années 90, ils sont désormais trois à plein temps ! “Et je pense qu’un quart important de l’équipe (25 employés) passe également la moitié du temps sur des questions administratives… assurez-vous que nous sommes cloués. Pas seulement les règles pour surveiller que vous n’avez pas raté quelque chose de nouveau. ”

Des règles parfois rarement applicables

Lorsqu’on lui demande de donner un exemple explicite de bureaucratie à outrance, Sylvain Masonault s’arrête dans sa tête pour démêler le tumulte des règles avec lesquelles il se débat au quotidien. « Un bon exemple est le démarrage des travaux. Une fois le permis de construire déposé, il faut déclarer le chantier ouvert (DROC dans l’industrie). que les travaux doivent faire de même. Nous devons l’éditer en veillant à ce que chaque prestataire soit assuré et qu’il soit à jour côté URSAAF. Déclaration Nous ne voulons pas être poursuivis pour travail non déclaré, qui peut désormais être assimilé à un forme de financement du terrorisme ! Et là on n’a pas encore posé les bases ! ” ..

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L’homme de 40 ans a peut-être également parlé de nouvelles règles sur la traçabilité des déchets qui obligent les entreprises de construction à estimer la quantité de déchets sur chaque site pour chaque type de produit. « Le résultat, ce sont 25 poubelles différentes, chacune avec un document écrit. Bien sûr, quand on arrive à la déchetterie, il n’est pas rare de se faire dire qu’il n’y a pas de poubelle équivalente.


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Et si le gouvernement faisait confiance aux entrepreneurs ?

Notre homme, qui est également vice-président d’Habitat Paul de la Fédération Française d’Architecture, tient à souligner qu’il ne milite pas pour la baisse des normes. Simplement, il ne comprend pas pourquoi le gouvernement français attend des entrepreneurs qu’ils tentent de tricher. Par conséquent, un entrepreneur doit toujours prouver son intégrité. “Dans les pays germaniques, le processus est établi en collaboration avec des experts pour éviter d’imposer des règles d’effets néfastes en premier lieu, mais surtout, eux-mêmes, les experts respectent les règles et nous supposons que nous ne respectons pas les règles de. Nous imposer toute la paperasse dont on a besoin pour se heurter. Cela n’empêche clairement pas les contrôles et les sanctions en cas d’infraction, et ça marche très bien. Ça marche ! » De la confiance ? Je ne sais pas si j’ai ce reçu.


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