Exclusif.Marine Le Pen envisage de sauver l’hôpital “en mauvais état” et “plus petit”

S’il est un thème que la proposition du candidat de l’Union nationale était en retard, c’est bien un problème d’hôpitaux publics. Son déplacement à l’hôpital de Mulhouse début novembre a été pour elle l’occasion de « reconstruire l’hôpital » si elle était élue. C’est une grande promesse à développer dans notre chronique.

L’Express : Et un hôpital public aujourd’hui ?

Marine Le Pen : Au moins on peut dire qu’il est en mauvais état. Les hôpitaux publics sont l’une des pierres angulaires de notre système de santé et sont une source de fierté pour de nombreux Français car ils étaient autrefois considérés comme les meilleurs au monde.

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Tout d’abord, c’est surtout petit. Chaque année, quand nous accueillons l’équivalent de la ville de Nice avec des immigrés sans adapter nos outils de santé, il faut dire que le problème ne fait qu’augmenter.

Les hôpitaux sont également en mauvaise posture à cause d’une série de mauvais choix politiques. Par exemple, considérons qu’il n’y a pas de compensation pour le passage jusqu’à 35 heures. Finalement, il a été victime d’une fraude massive et le dirigeant n’a pas voulu agir. La fraude par carte importante est sans doute la plus spectaculaire. Il s’agit également d’un surdosage pouvant nuire à la profession d’infirmière.

L’épidémie de Covid a-t-elle permis de faire la lumière sur la crise qu’elle traverse ?

bien sûr. On peut même dire que la crise médicale actuelle a révélé les insuffisances de tout notre système médical, pas seulement les hôpitaux publics. Même si les hôpitaux publics deviennent un triste symbole avec une pénurie de lits et des conséquences dramatiques. J’ai un hôpital. ‘Nous savons. De plus, dans le cas des lits, c’est un signe de la vision que nos dirigeants ont de la santé. Environ 100 000 lits ont été fermés en 20 ans, réduisant la capacité d’accueil de 20 %. Et aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, nous continuons à les fermer. Nous devons de toute urgence déclarer un moratoire sur la suppression des lits dans les hôpitaux publics.

Quels sont les principaux dysfonctionnements, selon vous ?

Il y a tout d’abord des dysfonctionnements structurels. Il s’agit essentiellement d’une question d’organisation et de gouvernance hospitalière. Une bureaucratisation excessive et une gestion excessive saperont les soins. Par exemple, un groupe hospitalier local et une communauté médicale spécialisée locale visaient à mettre en commun des ressources, des projets et des organisations de soins dans une même zone. Il est clair qu’elles n’ont permis aucune clarification appropriée entre la ville et l’hôpital, ou entre les secteurs public et privé. Les lois Touraine et Budin sont donc des échecs et je ne parle pas de l’ARS (Organisme Communautaire de Santé) instituée par la loi Bashlot. Ils ont supprimé la gouvernance hospitalière du personnel médical au profit de la gestion administrative et financière. Une vision de la santé guidée par l’exigence de rentabilité économique.

D’autres dysfonctionnements majeurs sont plus opérationnels et dus à une pénurie de personnels de santé. Les hôpitaux publics sont le premier désert médical en France, puisque 30 % des postes sont vacants. Parfois, les salaires sont trop bas pour supporter les heures de travail, les installations vieillissent et les équipements sont introuvables. Cela conduit au dégoût, au malaise et au roulement, en particulier chez les infirmières à bas salaire. J’ai rencontré récemment un personnel soignant à Mulhouse, c’est tout ce qu’ils m’ont expliqué. Malgré leur foi en leur métier, ils ne peuvent plus l’accepter. Dans le même temps, les récompenses pour les praticiens temporaires sont très élevées, de plus en plus similaires au genre de mercenaires médicaux qui contribuent à la fuite des praticiens à temps plein.

Enfin, il y a des dysfonctionnements périodiques. Je parle de se débarrasser des soins en raison d’une crise sanitaire. Rien qu’en 2020, 2,3 millions d’hospitalisations ont été annulées. Malheureusement, cela peut être à court et à moyen terme en raison du coût en vies humaines.

Que faut-il changer dans le système de santé ?

Beaucoup de choses. Tout d’abord, la gouvernance hospitalière doit être revue en profondeur afin de remettre le personnel infirmier au centre du système et de prioriser systématiquement la qualité des soins. Pour ce faire, nous desserrons les carcans bureaucratiques et administratifs en instaurant une gouvernance à deux têtes entre le directeur de l’hôpital et les représentants des associations médicales. Cela garantit finalement le rôle central de l’équipe médicale.

Doit lutter contre la surutilisation des urgences qui provoquent une congestion exacerbée par des pénuries de lits en aval

Un autre point important est la tarification par activité. Il s’agit d’un élément central de la nouvelle gouvernance hospitalière de 2005 et vise à rapprocher la stratégie du secteur public de la stratégie du secteur privé. Son mot d’ordre, performance, compétitivité et rentabilité sont loin du concept d’hôpital public français. Par conséquent, cette tarification s’est avérée particulièrement inappropriée pour les maladies chroniques et les affections médicales multiples, car le revenu détermine les dépenses. Dès lors, le bon sens appelle au retour d’un fonds de fonctionnement global pour permettre l’abolition de ce système et la responsabilisation des acteurs hospitaliers.

Il faut aussi lutter contre la surexploitation des urgences qui provoquent des embouteillages exacerbés par le manque de lits en aval. Le manque de prise en charge de l’offre médicale de la ville a permis de doubler le nombre de visites aux urgences en 20 ans, même si 40 % de ces passages relèvent de cette dernière catégorie. Par conséquent, la priorité ici est de sauver la vie des patients âgés en particulier. Cela nécessite la création d’un service de gériatrie d’urgence pour améliorer la prise en charge et l’orientation des urgences.Vous aurez l’opportunité de développer tous ces points dans les semaines à venir

Les soignants abandonnent leurs rangs, mais comment rendre les hôpitaux publics à nouveau attractifs ?

La première urgence est de former davantage de personnel infirmier. Cela prend du temps, donc c’est de plus en plus urgent. Et d’autres mesures doivent être prises pour retrouver l’image d’un hôpital public. Bien entendu, cela inclut des augmentations de salaires (environ 10 % pour les infirmières pour atteindre le salaire moyen européen), des embauches sur cinq ans où la moitié du personnel hospitalier est insatisfaite, et la fin du moratoire sur la rémunération des praticiens inclus. Ouvrier détaché.

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Dans le même temps, le nombre de directeurs d’hôpitaux doit être considérablement réduit afin qu’il ne dépasse pas 20 % du personnel non infirmier (environ 30 % actuellement). Cela nous libère de ce formalisme bureaucratique et réoriente les ressources vers la qualité des soins. Avec une amende patient.


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