Frederick Begbeder : « Je suis devenu une puissante incarnation des Parisiens.

Qu’est-ce qui vous a décidé à quitter Paris ?

Frédéric Begbeder J’ai déménagé à Guéthary pour toujours en 2017. Mais le processus dure depuis longtemps. J’ai acheté une maison au Pays Basque en 2009. Peu de temps après la publication d’Unromanfrançais, il a évoqué une détention policière pour 36 heures de consommation de drogue. À ce moment-là, je réfléchissais beaucoup à ce qui m’avait amené dans cette cellule. Je suis devenu l’incarnation du surmenage, du surmenage, de la suroccupation et des citadins sursocialisés. Ils ne dormaient plus la nuit. Cela rappelait le désir de s’enraciner dans cette terre où mes parents se sont mariés et mes grands-parents ont été enterrés. Et il y avait des particules fines…

Particules fines?

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Oui, je ne parle plus beaucoup, mais 2016 a été inondée de chiffres sur la pollution de l’air tous les jours ! Ma fille, Oona, n’avait que cinq ans et ne s’est pas perdue avec sa compagne, Lara. Quand je suis arrivée au Pays Basque, la respiration de mon bébé s’est améliorée.Je n’avais plus ni nez ni mal de gorge… De toute façon, je ne voulais pas mourir d’une crise cardiaque dans les toilettes du Montana [NDLR : boîte de nuit parisienne] !!

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite changer de vie ?

Cet asile est bien organisé à l’avance. A Paris, j’ai eu une belle vie. Je ne dépensais pas beaucoup d’argent, mais mon travail exigeait beaucoup de présence physique. Je me suis recentré sur mon livre*, ma chronique. J’ai divisé mon style de vie en deux ou trois. Je n’ai pas été radin, je vis plus sereinement. Et j’ai réalisé que la vraie richesse, c’est l’écologie. J’appelle cela “l’hédonisme responsable”.

Concrètement, à quoi ressemble cette nouvelle entité ?

Ce matin j’ai acheté mes propres asperges blanches des Landes pour 20 euros. Bien plus luxueux qu’une boîte de caviar à 2000 euros ! Quand tu m’as appelé hier, j’étais en train de pique-niquer sur la plage avec mes enfants donc je ne pouvais pas te parler. Le vrai luxe est gratuit ! Nous avons également réduit la production de C02. J’ai conduit une voiture hybride, réduit drastiquement la distance parcourue et pris l’avion 52 fois par an.

Tu as fait une vodka écologique avec ton frère Charles. Une « drogue » de synthèse entre votre vie d’avant et votre vie d’aujourd’hui ?

exactement [rires] !! Ce projet nous a surtout permis de trouver un socle commun. Il est conservateur et a un grand attachement à la protection de la terre et de l’environnement. Je suis un Bobo écologique et libéral, mais je veux grandir dans un monde où ses enfants pourront vivre confortablement. Nous serions ravis si cette vodka biologique de qualité supérieure plaisait à toute personne ayant déjà bu de la vodka chatoyante d’origine présumée.

En quoi cet asile basque vous a-t-il changé ?

Avant de partir, je suis devenu insaisissable. J’ai imaginé la vie sociale comme un Festival de Cannes permanent. Participer à la conversation suivante nécessitait toujours de quitter une conversation ou une nuit, ce qui était forcément plus excitant. Bref, je suis passé du Syndrome FOMO (NDLR : Peur de manquer, Peur de manquer quelque chose) à JOMO (NDLR : Joy of Missing, Joy of Missing Everything). Après des années de repli, je vois maintenant Paris comme si c’était New York !

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* “Bibliothèque de survie” (Editions de l’Observatoire), recueil de chroniques littéraires.


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