Guadeloupe : Un accès de colère plus profond derrière les enjeux de santé

Après une semaine d’électricité marquée par un appel à la grève générale, des barricades commencent à tomber en Guadeloupe. Des renforts de police et de gendarmerie ont débarqué dimanche, annoncé par le gouvernement, déblayant tôles, poubelles, ou arbres qui font office de boucliers pour les manifestants de la route et s’opposent au laissez-passer sanitaire imposé aux obligations de vaccination des soignants. C’est vrai partout en France. Cependant, les craintes de violences dans la nouvelle ville nous ont contraints à cesser d’accepter des élèves dans les écoles, les collèges et les lycées ce lundi. Le couvre-feu est valable jusqu’à mardi matin.

La crainte d’une nouvelle vague de tension s’explique aussi par les premières conséquences juridiques de cette rébellion. Une trentaine de personnes soupçonnées d’être impliquées dans des violences urbaines, notamment des incendies et des pillages, comparaîtront immédiatement et seront jugées à Poant Apitor ce lundi. Une autre raison est le caractère volatile de cette rébellion, qui, selon des sources locales, va bien au-delà d’un simple désaccord sur la politique vaccinale et la lutte contre le Covid-19. Depuis l’été, les taux de vaccination ont en effet fortement augmenté en Guadeloupe, avec près de 90 % des soignants vaccinés et approchant les 50 % de la population générale.

Taux de chômage élevé, pauvreté…

Interrogée vendredi par l’AFP, la secrétaire générale de l’UGTG, Maïté M’Toumo, a estimé que l’obligation de vaccination était “une goutte d’eau”. L’établissement d’obligations de vaccination pour les soignants sera « la preuve que Guadloop impose des règles qui vont à l’encontre des intérêts de la population », selon le responsable cherchant à négocier avec le gouvernement.

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Il y a un manque évident de confiance dans la santé publique. “Il y a un lourd passé historique, surtout en plus de la perte de confiance dans la langue nationale due à la gestion du début de la crise avec les contradictions concernant l’utilité des masques”, dressait le portrait du député guadeloupéen Olivier Selva analysé à la fin de Septembre. « La Commission d’enquête parlementaire sur l’usage du chlordécon a clairement souligné la parfaite connaissance de l’État des conséquences de l’usage de ce pesticide. Le pesticide a été immédiatement interdit en France en 1990 et aux Antilles jusqu’en 1993. Il a été maintenu. Cela permet notre territoire pour battre le record du cancer de la prostate. »

Mais la colère est aussi associée à des situations économiques et sociales très difficiles. Les injections à condition qu’il poursuive son travail, et donc son salaire, étaient déjà reconnues comme injustifiées en France métropolitaine lors de son introduction. Ce mécontentement est encore plus grand sur les îles à fort taux de chômage.selon INSEE, 17 % des Guadeloupéens sont au chômage, soit deux fois plus que la France. Entre 15 et 29 ans, et malgré quelques progrès ces dernières années, plus d’un tiers sont au chômage.

“Connaissant les difficultés rencontrées au niveau de la Guadeloupe, nous ne pouvons pas priver ces personnes de leurs salaires. Nous avons plus de 40 ans de retard sur l’Hexagone en termes de développement économique”, a déclaré samedi le président régional Ary Chalus (LREM), sur Franceinfo.. “Cette entrave est due non seulement à cette obligation de vaccination, mais à tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés depuis un certain temps (…) dans cet état de santé, que la Guadeloupe soit fiscalement ou non. Je sais que j’ai perdu beaucoup. , pas le carburant, les transports, la collectivité, et surtout dans ce domaine, j’ai perdu près de 30 millions”, avait-il déjà prévenu au début de la grève générale.

« Le vrai sujet est que [cette révolte, NDLR] Il y a un long chemin à parcourir. La Guadeloupe est à l’abandon en matière de services publics depuis des années”, a déclaré le candidat de la primaire de droite de Philip Jubin au micro de RMC ce lundi matin.

32 réclamations

Un symbole d’anxiété tactile profonde, Prospectus Fin octobre, qui a été diffusé avant le début des hostilités, Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP), un regroupement de groupements et d’organisations guadeloupéennes, avait également demandé au début d’une grève de grande ampleur en 2009 : C’est donc grâce à cette maxime qu’ils ont décidé de nous punir (…) mais pourquoi au nom de la République est le seuil de pauvreté de la France à 1020 euros, qui est en Guadeloupe. 790 euros ? Mais pourquoi la Guadeloupe est-elle déclarée pauvre dans plus de 34 % de la population et plus de 23 000 familles ? ”

Au total, il montre que plus de 32 demandes ont finalement été présentées aux autorités par l’organisation en difficulté vendredi. Un jour.. Parmi eux, 15 personnes qui sont uniques au traitement des pompiers sur le terrain. Mais surtout, en tête de liste se trouve « en même temps que la hausse des prix, des salaires, des minima sociaux, des allocations de chômage, des augmentations générales des indemnités de départ » ou « des titulaires de toutes les fonctions publiques ». Emplois à grande échelle. Dans les bureaux de poste, les écoles, les universités… “. Dans les hôpitaux, les opposants ” aux ressources matérielles des secteurs sanitaire, social, médico-social ” et ” accueillent les usagers avec dignité et efficacité. La mise en place d’un système médical de prise en charge de qualité ” est obligatoire.

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Lundi soir, Jean Castex, le ministre des Territoires étrangers Sebastian Le Corne et le ministre de la Santé Olivier Véran se rencontreront sur une “analyse de situation sur place”. C’est donc un point qui peut être long en raison de la tension croissante ces dernières années.


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Frédéric Filloux est chroniqueur à L'Express et rédacteur en chef de Monday Note.Frédéric Phillow

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Robin Rivaton, essayiste, membre du Conseil d'évaluation scientifique de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapole).Robin Rivaton