Hélène Thouy : “Aucun candidat ne correspond à la cause des animaux”


VS’C’était une grosse surprise pour les élections européennes de 2019. Le tout jeune Parti pour les Animaux, sans personne, a fait une véritable démonstration de force en remportant 2,2% des suffrages sans remporter de siège au Parlement européen. Depuis, en faveur des élections de 2020, il a placé le premier fonctionnaire élu au conseil municipal et continue de se mobiliser pour protéger la cause animale. Pour la première fois, nous vous présentons un candidat à l’élection présidentielle de 2022, incarné par l’une des fondatrices, Hélène Thouy.

Même si elle ne prétend pas être élue, l’avocate de 38 ans estime que la candidature d’Emmanuel Macron est essentielle pour abuser d’elle durant son quinquennat et faire avancer la cause animale. La fin de l’agriculture intensive, l’interdiction de la chasse… Hélène Thouy assure que ses idées sont largement partagées par le public, mais bloquées par les politiques sous l’emprise du lobbying. Etant donné qu’aucun candidat à l’Elysée ne relèvera le défi, le Parti pour les Animaux ne cédera pas aux sirènes de l’alliance et marquera l’élection.

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Point: Selon l’enquête, 0,5% à 2% seront crédités. Visez-vous vraiment l’Elysée ou êtes-vous candidat au témoignage ?

Hélène Thouy : La cause des animaux préoccupe de plus en plus les Français, et il y a eu peu d’avancées sur ce dossier. L’élection présidentielle est une élection phare et déterminera l’agenda politique des cinq prochaines années. Nous ne sommes pas là pour témoigner, mais ici pour faire avancer nos idées et adopter des mesures ambitieuses pour les animaux. C’est vraiment un engagement que nos idées gouvernent quand les choses changent et que nous ne parvenons pas à nous gouverner.

Vous souhaitez faire équipe avec un autre candidat qui peut soutenir votre idée ?

Notre objectif est clair, il va jusqu’au bout. Nous n’avons pas d’alliance. La cause des animaux dépasse les clivages politiques. Nous ne voulons pas déclencher de petites entreprises où les animaux nous ramènent à chaque élection. Ce qu’on veut, c’est que ça avance. Et si on veut vraiment faire avancer la cause, il ne faut pas se limiter à un parti ou à une candidature.

Emmanuel Macron est une cause majeure du génocide des animaux dans les cinquante ans !

En 2007, Nikolayuro fait signer aux candidats un “accord écologique” et promet d’intégrer ces enjeux dans le programme. Envie d’envisager une stratégie similaire pour les causes animales ?

Des ONG se sont déjà réunies pour soumettre des suggestions précises aux candidats. Pour l’instant, je suis le seul à y avoir répondu. Ce que nous voulons, c’est répandre la cause des animaux et nos idées.Nous avons toujours dit que depuis la création du parti : Non droits d’auteur À propos de nos mensurations. Les candidats utilisent dans notre programme!

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Comment déterminez-vous les suggestions des autres candidats pour cette question de bien-être animal ?

Personne ne peut contester, c’est pourquoi je postule. Tous ces gens étaient obligés et pouvaient agir pour les animaux, et ils n’ont pas fait grand-chose. Rien ne montrait une réelle volonté de changer les choses. Mais depuis que nous avons atteint 2% aux élections européennes, personne n’a échappé que notre idée est un réservoir électoral qui peut secouer les élections. Tous les partis tentent de capter nos électeurs, mais il faut qu’il y ait une vraie volonté derrière l’effet d’annonce.Quand j’ai entendu Yannick Jado [le candidat écologiste, NDLR] Protéger le foie gras artisanal signifie que le sujet n’a pas été maîtrisé. Le problème avec le foie gras, c’est le gavage. Que vous gaviez trois oies avec un petit enclos ou que vous en gaviez 500, c’est toujours du gavage.

C’est une forme de “en même temps”…

Ils font tous “en même temps” ! Ils sont bien conscients que les questions animales deviennent un sujet de plus en plus important pour les citoyens, mais ils se divisent au sein des partis politiques et obligent les candidats à équilibrer pour sauver presque tout le monde.

Avez-vous peur de prendre des mesures drastiques qui effraient vos concitoyens ?

Nous n’insistons pas pour arrêter la consommation ou la production de protéines animales, mais seulement pour la réduire. Même si vous ne vous posez pas la question sous l’angle de l’éthique animale, si vous ne considérez que les questions environnementales, vous devrez faire des efforts pour réduire celle-ci. Nos mesures sont majoritairement approuvées par le public, même dans l’interdiction de la chasse. Mais les chasseurs sont devenus des représentants locaux depuis des années, et les politiciens pensent qu’ils vont s’aliéner tout le monde dans la région en s’opposant à la chasse…

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Pensez-vous que la voie démocratique que vous avez choisie est suffisante face à de puissantes activités de lobbying telles que la chasse ? D’autres ont parfois choisi l’activisme violent…

C’est le vrai sujet. Si nous avons une crise institutionnelle majeure et des abstentions pour augmenter les élections post-électorales, c’est parce que les citoyens n’ont plus l’impression qu’ils vont influencer la politique. Je suis sûr que certains d’entre vous ne peuvent pas y croire. J’ai choisi de croire en notre système et en notre démocratie. C’est très difficile de changer les choses, mais je pense que nous avons tous les leviers et que nous n’avons pas le droit de baisser les bras.

Emmanuel Macron était-il un bon président des animaux ?

Il a fait de l’abattage des animaux une cause majeure des cinquante années ! Il y avait beaucoup d’attentes sur ce dossier, et le chef de l’Etat a fait de nombreuses promesses qu’il n’a pas tenues. Emmanuel Macron a peut-être su mener des réformes ambitieuses, mais son bilan est décevant. Il y a du progrès et je ne peux pas dire le contraire, mais rien sur l’élevage, la chasse, la tauromachie…

Nous n’allons pas donner le droit de vote aux poulets !

Quelle est la première étape si vous devenez président de la République fin avril ?

Ma première action immédiate a été de suspendre l’agrément de la création et de l’agrandissement d’une ferme industrielle et intensive, puis en fin de mandat, le processus pour que tous les éleveurs intensifs soient déjà là. Cela signifie les soutenir et les soutenir financièrement. Nous ne sommes pas là pour être stigmatisés. L’éleveur que j’ai rencontré ne peut plus l’accepter. Ils travaillent 70 heures par semaine et gagnent 500 euros par mois. Ça ne vaut pas le coup. Nous sommes à la fin de ce système, il faut le revoir.

Un autre outil majeur que nous utilisons est la souveraineté alimentaire. Un Français sur cinq n’a pas assez à manger, mais les ressources sont considérablement gaspillées. Enfin, nous établirons le ministère de la protection animale. Cette question relève de la mission du ministre de l’Agriculture aujourd’hui et nous sommes vraiment en plein conflit d’intérêts. A lui seul, nous avons besoin d’un ministère avec les moyens de prendre ce sujet au sérieux.

Envie d’aller vers l’égalité juridique entre l’homme et l’animal ?

Absolument pas. Nous n’allons pas donner le droit de vote aux poulets ! Cependant, nous nous intéressons aux animaux et devons les protéger. Par exemple, il faut reconnaître que les animaux ont le droit de leur réserver une partie de leur territoire, même sans activité humaine. Nous devons également trouver des alternatives pour repenser nos relations avec les animaux. La chasse n’est donc pas la seule solution pour contrôler les populations de sangliers et limiter les dégâts qu’ils peuvent causer aux cultures. Développer la stérilisation, arrêter l’alimentation, identifier les zones à risque… Il y a bien d’autres façons de faire que de tuer.

La France est-elle en retard sur ces questions ?

Oui, je suis en retard. À chaque sondage, les citoyens attendent avec impatience les causes des animaux, mais la politique reste la même. Je n’ai même pas parlé d’élevage, nous avons encore des hobbies comme la chasse et la tauromachie. Il y a un grand écart. Voir le référendum sur les animaux. Le référendum a été approuvé par le public, mais a échoué parce que tous les députés n’ont pas signé ou se sont retirés par le biais du lobbying.

Le seul argument que les politiciens comprennent est la perte de voix.

Comment vaincre ces lobbies ?

Nous offrons plus d’espace à nos citoyens. Nous organisons un référendum depuis 2017. La démocratie directe est la solution. Surtout en France, il y a des seuils qui rendent très difficile l’élection d’un parti politique émergent. Aux Pays-Bas, le Parti pour les Animaux a élu des membres, pas ici, mais grâce au système de représentation entièrement proportionnelle. Grâce à cet outil accessible au public, vous pouvez résoudre des problèmes qui ne se produisent pas.

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Vous ne voulez pas d’alliance pour la présidentielle, est-ce possible pour les législatives ? Cela vous permet d’acquérir plusieurs membres et de placer des membres au parlement.

Il ne s’agit pas de former une alliance. Nous avons déjà investi plus de 100 candidats. L’enjeu pour nous c’est de témoigner le plus possible pour montrer qu’il y a partout des citoyens qui veulent faire avancer ce sujet… et aux autres candidats ils ne pourront pas s’enliser là-dedans. le sujet qui risque de continuer à perdre des voix. Avant de créer le Parti animaliste, nous avons cherché à persuader les organisations politiques par un débat rationnel. Mais le seul argument qu’ils comprennent est la perte de la voix. C’est tout ce qui peut les choquer.

Aux législatives, c’était un chat. Chiens pour les Européens. Aux élections locales, les écureuils… Qui apparaîtra sur l’affiche de l’élection présidentielle ?

Le secret est bien protégé jusqu’ici ! Pour être honnête, c’est encore à l’étude. L’élection présidentielle est une élection spéciale, hautement anthropomorphique, et même si vous n’avez jamais choisi de mettre en avant un candidat, vous devez certainement tenir compte d’un certain code.