Immigrés : Arnaud Montebourg, à gauche et à droite faux

Si Eric Zemmour est une fleur, Arnaud Montebourg est une abeille. Les anciens ministres de la relance de la production et candidats à la présidentielle se faufilent à gauche depuis 24 heures.Afficher les invités grand jury Dimanche 7 novembre, il s’attaque aux immigrés clandestins en bloquant « tous les envois de fonds privés » vers les pays qui refusent de rapatrier les citoyens contraints de quitter le territoire français (OQTF). Une idée déjà défendue par la polémique d’extrême droite ou candidate à l’Union nationale, Marine Le Pen.

Parti socialiste, Français insoumis, Écologie européenne-Verts… Arnaud Montebourg aurait certainement accompli l’exploit d’unifier la voix de gauche contre lui. “Arnaud, reviens avec nous ! A gauche, quitte le studio”, Jean-Luc Merenchon “dérive” à Montebourg, “cruel, injuste, stupide”. Lors d’une conférence de presse le lendemain, il invite chez lui un candidat souverain déçu.

Improvisation

L’incident est embarrassant pour les collaborateurs d’Arnaud Montebourg. Un silence embarrassé se mêle à une justification dangereuse. Des proches qui prétendent qu'”il a mis le pied sur le tapis” l’admettent. « L’immigration est un problème auquel il faut s’attaquer. Elle concerne les gens, la classe ouvrière. On ne peut pas nier la question ou ignorer les préoccupations françaises telles que : Vitesse sur l’autoroute. (Anne Hidalgo, ndlr).

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Ses partisans politiques s’y opposent. “Vous voulez savoir si j’approuve la proposition de Montebourg ? La réponse est non”, efface d’un revers de la main le député européen Emmanuel Morrell. Le sénateur a ajouté : “Sa proposition est inacceptable. L’idée de sortir de l’hystérie des immigrés en regroupant les paquets et en appliquant les lois sur les immigrés clandestins est une bonne idée, là où elle est négligée et plutôt mise en place”, est-il partagé.

Certains anciens compagnons de route de Montebourg gardent leurs cartes sur le PS, mais c’est aussi une douche froide. “Je ne sais pas… je ne sais pas !”, était un ancien pilier de la campagne 2017, déplorant “une ruée vers le mal de tête”, “un sens de l’improvisation” et “une proposition républicaine qui n’a plus rien”. Autre amertume : « Je sais que l’amitié en politique scintille, mais j’ai été déçu là-bas. J’ai toujours pensé qu’il était l’homme de gauche, mais pour la première fois hier. Plusieurs fois, je me suis moi-même posé la question.

Narcissisme politique

Un ami de longue date déçu, mais pas surprenant. Ancien habitant de Bercy, galopeur du “Made in France”, meurtrier de la politique économique de l’Union européenne en bon souverain, évite souvent la laïcité, l’immigration, la sécurité et évite de trébucher. J’ai laissé de côté la question de la souveraineté. “Ce n’a jamais été sa matrice. Historiquement, il a toujours fait l’impasse sur ces sujets. Il a repris l’agenda économique de Jean-Pierre Chevènement, mais n’était pas social… De plus, je ne savais pas qu’il était à son poste sur le Axe républicain Analyse psychologique d’un de ses proches dans la Gauche culturelle “Campagne primaire socialiste de 2016”.

Surtout sur le côté gauche, vous pouvez bien comprendre la chanson. Les candidats de leurs rangs empruntent souvent des analyses à leurs droits pour mieux démontrer leur originalité. Lors de la campagne 2007, Ségolène Royale a marqué 35 heures avant de se retirer. “Manuel Valls l’a fait d’une manière unique en matière d’identité et de sécurité. Souvenez-vous au PS. C’est un processus classique pour les hommes et les femmes de gauche. Ils passent le mur du son. En attendant cela, nous développerons une rhétorique de droite. ”

Arnaud Montebourg n’était sans doute pas préparé, pêchant le « narcissisme politique » et agressant un de ses amis « d’avant ». Comme son candidat souverain, ces Florian Philippots, Nicolas Dupont-Ignan, et autres Philippe de Villiers ont le sentiment d’investir dans des liens charnels avec les gens, mais les sondages et les urnes ont toujours tendance à revenir à la réalité. Le même camarade poursuit : « Il était candidat sans penser à l’espace qu’il était. C’est le résultat de sa candidature inutile. Il est poussé par le besoin de faire des bêtises pour exister.

excuses

Les médias “passant le mur du son” monopolisés par Eric Zemmour, telle est la stratégie d’Arnaud Montebourg aux prises avec les sondages. Si vous le vouliez, l’opération a été un succès jusqu’à présent, puisqu’elle dure 24 heures au centre de la discussion à gauche. Mais combien ça coûte ? Avec une telle proposition, le candidat risque de perdre à gauche au lieu de gagner à droite. “La malhonnêteté se voit sous toutes les coutures. Il est très polyvalent et sait s’excuser”, renchérit des cadres du PS familiers d’Arnaud Montebourg. Est ce qu’il le fait? “Il doit s’expliquer, j’espère qu’il reconnaît ses erreurs”, avoue le soutien du sénateur et candidat de gauche.

“Il dira que son expression est inadéquate. N’oubliez pas que ses mesures sont diplomatiques et n’attaquent pas les individus”, a-t-il déclaré lundi, quelques heures avant son passage au LCP. Le soir même, Arnaud Montebourg s’est certainement rattrapé. “Je me suis fait crier dessus par mes amis de ma famille (…). Je ne voulais pas cibler d’autres nations que des gens”, a-t-il corrigé, et sa suggestion “des effets”. Montebourg « Chasing Zemmour : « Je cours après Joe Biden ! »

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Y a-t-il une possibilité de rassemblement à gauche, car il ne faut pas insulter l’avenir ? Ainsi, à cette sortie controversée, le mal est peut-être déjà fait. Anne Hidalgo et Jean-Luc Merenchon considéraient Arnaud Montebourg comme un butin à récupérer en janvier ou février, une part de l’élection, mais le gâteau est désormais moins appétissant.


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