L’Algérie face aux défis d’une quatrième vague et d’un retard de vaccination


“JJe ne sais pas s’il va continuer à s’ouvrir. J’ai l’impression que la fête est sur le point de se terminer. Russ, Amin, gérant d’un bar restaurant sur les hauteurs d’Alger, scanne une salle de son établissement très fréquenté en ce début de week-end. “Personne n’a deux amis qui viennent d’être infectés et ne peuvent pas vous parler de leurs proches malades”, s’inquiète le jeune manager. Encore une fois, vous voudrez limiter l’accès aux endroits où vous pourrez vous détendre.

De décembre à janvier, les chiffres officiels de la pollution au Covid-19 ont augmenté de plus de 500 cas par jour, avec une légère baisse puis annonçant le début de la quatrième vague. La situation est “inquiétante” pour Mohammed Yusfi, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Boufarik (Alger Sud).

Lire à nouveauCovid-19 : l’Algérie face à la menace des variantes

L’hôpital en alerte

“En un mois, six fois plus de patients se présentent dans le service hospitalier avec des suspicions d’infections au Covid”, explique-t-il à l’AFP. Elwatan.. Même l’agence de presse d’État la plus officielle APSReconnaît que les hôpitaux en Algérie commencent à être touchés par ces augmentations du nombre de cas et avancent des chiffres inquiets. Par exemple, le CHU Mustapha-Pacha, un grand hôpital d’Alger, a reçu 8 à 9 hospitalisations par jour en décembre et compte actuellement 20 cas. A l’hôpital de Zeralda (sur la côte ouest d’Alger), l’occupation des lits est de 91% et le service de réanimation est saturé à 100%. A l’hôpital Nafissa Hamud d’Alger, il y a eu 50 hospitalisations ces derniers jours, contre 15 hospitalisations en décembre, et cette tendance s’accentue, selon les praticiens. “Nous sommes épidémiologiquement opaques. Nous ne savons pas exactement ce qui se passe. Cette augmentation est certainement liée à Omicron, sinon visible, du fait de l’absence de séquences quotidiennes. C’est la seule explication possible.” Explication Professeur Mostefa Kiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et la recherche et le développement (Forem).

Lire à nouveauVaccination anti-Covid-19 : pourquoi l’Algérie a choisi Spoutnik V

Loin de 70% de vaccination

Officiellement et selon des données actualisées de l’Institut Pasteur d’Alger, l’Algérie dénombre 145 cas de variants d’Omicron majoritairement détectés dans la capitale au 13 janvier. Selon l’Institut Pasteur, les variants delta représentent désormais 67% des cas, contre 80% en décembre. “Tant que la nouvelle variété est hautement contagieuse, cela peut mettre beaucoup de pression sur la structure sanitaire”, a déclaré le professeur Mohammed Yusfi.Elwatan..

Face à une urgence imminente, les autorités ne cessent d’appeler les Algériens à se faire vacciner. Selon le ministère de la Santé, 6 996 002 ont reçu une dose unique, 5 763 106 autres ont reçu deux doses et seulement 147 250 ont reçu une troisième dose. Il a un taux de vaccination inférieur à 30 %. On est loin de l’objectif de vaccination de 70% des Algériens. “J’ai emmené mes grands-parents une troisième fois, mais il n’y avait pas foule”, témoigne Nadia, rencontrée près de la polyclinique d’Alger Source. Selon les statistiques du ministère de la Santé à la mi-décembre, les taux de vaccination des élèves ne dépassent pas 2 %, les enseignants 27 % et les soignants 31 %.

L’Institut Pasteur revendique le fait que les hospitalisations et les décès les plus graves concernent des personnes non vaccinées. Comment puis-je inciter les Algériens à se faire vacciner tous en même temps ? C’est le casse-tête actuel. Le récent rebond de la vaccination remonte à l’été dernier lorsqu’une troisième vague meurtrière a semé la panique et provoqué une queue interminable devant le centre de vaccination. Doit-on attendre que la situation se dégrade à nouveau jusqu’à ce que les Algériens soient vaccinés ?

Lire à nouveauL’Algérie en enquête d’urgence sur un vaccin contre le Covid-19

Introduction des futures voies de vaccination

Fin décembre, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un carnet de vaccination, document justifiant d’une vaccination complète, pour toutes les personnes âgées de plus de 18 ans. Selon le décret fixant cette voie vaccinale, “après avis du Conseil scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, les conditions d’âge pourront être modifiées sur proposition des autorités de santé agréées”. L’idée de la vaccination des enfants commence à s’infiltrer parmi les autorités. Le ministère de l’Éducation nationale a refusé de fermer l’établissement, même si les cas de pollution “familiale”, notamment par le biais des écoliers, se sont multipliés ces dernières semaines, selon plusieurs experts. En décembre 2021, les autorités ont décidé à la hâte de prolonger d’une semaine la date des vacances d’hiver, notamment en raison de la propagation du virus dans les écoles. Pour les laissez-passer de santé, les services de santé frontaliers sont tenus d’entrer et de sortir du territoire. Ce document est également exigé aux entrées des stades et salles de sport, piscines, espaces de séminaires et conférences, cinémas, théâtres, musées, salles de fêtes, hammams, etc.Selon le professeur Réda Jijik, Le chef du service d’immunologie de l’hôpital Benimesso d’Alger a déclaré : « Ce laissez-passer de vaccination devrait également être généralisé aux centres commerciaux et à toutes les agences de l’État. Les personnes non vaccinées n’auront pas accès aux installations, aux centres commerciaux et aux activités. Par conséquent, nous encourageons indirectement tout le monde à se faire vacciner. »»

Dans les prochaines semaines, ce pass vaccinal et cette quatrième vague de panique vous diront si cela incite vraiment les Algériens à se faire vacciner.

Lire à nouveauCovid-19 : l’Algérie rétablit le couvre-feu