LGV Bordeaux va lâcher : les raisons d’une transformation politique des armes

C’est un sujet qui continue de susciter d’intenses débats et se prête particulièrement bien à ces petites phrases politiques qui alimentent la polémique : la grande vitesse ferroviaire. Entre Bordeaux, Toulouse et Teckel.. Pierre Harmic, maire d’EELV à Bordeaux, a une opinion tranchée sur cette question. Selon lui, il s’agissait d’un “projet fou” et d’un “anachronisme”, a-t-il accusé lors d’une conférence de presse jeudi.

L’affaire LGV a été reprise par l’Etat et défendue par le président PS de la Nouvelle-Aquitaine et de la région Occitanie et de la métropole bordelaise. Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a également réagi dans l’immédiat, reprochant vendredi au maire d’EELV de “petit égoïsme”. Autre réaction, Christoph Castanel, la réaction du patron de Député La République en marche, bleu français Pierre Hermic « se comporte comme un enfant qui a déjà un jouet ».

Inadéquation dans les grandes villes

Comment décririez-vous la force de passage de cette arme ? Un petit pas en arrière. Fin septembre, le Conseil d’Etat a levé le dernier obstacle juridique au Grand Projet Sud-Ouest (GPSO), l’un prévu entre Bordeaux et Toulouse et l’autre entre Dax. L’État a promis de payer 4,1 milliards d’euros, soit environ 40 % du coût total. Selon le porteur de projet, la collectivité (régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, départements, agglomérations) devrait se partager 40 % du financement et les 20 % restants devraient être couverts par des financements européens.

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Au niveau de l’agglomération bordelaise, il existe déjà un os controversé, qui est principalement PS/EELV. Pierre Hermic, le premier vice-président, et Alan Anziani (PS), le président, se sont partagés sur une destination de 320 millions d’euros pour financer l'”Installation ferroviaire du sud de Bordeaux” (environ 10 km). Les écologistes refusent catégoriquement de les utiliser pour la LGV.

Pour le parti EELV, il s’agit d’un projet global “inutile et coûteux”, qu’on peut lire dans un communiqué envoyé samedi. Les priorités du parti sont : “Développement des transports quotidiens, reprise des petites lignes, amélioration de la fréquence et de l’amplitude des trains interurbains, reprise des trains de nuit”.

« Les écologistes ne veulent pas d’avions. Maintenant, ils ne veulent plus de trains. Que veulent-ils ? Des voitures ? Est-ce un rêve d’écologiste ? En voiture ou en camion plutôt qu’en train.

Pierre Harmic a confirmé jeudi que sa position anti-LGV n’était “pas une déclaration de guerre” contre des alliés socialistes dans les grandes villes. “Ils essaient de nous tromper en disant que c’est une LGV ou rien”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse jeudi, appelant sur Internet des solutions alternatives, notamment des améliorations aux camions existants. ..

“J’ai besoin de LGV”

L’Occitanie a annoncé fin septembre que la communauté était parvenue à un accord pour participer au projet. En Nouvelle-Aquitaine, le scénario ne semble pas très clair. Sur les quatre divisions concernées, Gironde, Lot Egaronne, Pyrénées Atlantique et Landes, seule cette dernière est clairement d’accord.

Pourtant, selon Jean-Luc Moudenc, maire de LR à Toulouse, “le maire de Bordeaux est très minoritaire”, alors que “les choses évoluent dans un sens plus favorable pour LGV depuis deux semaines en Nouvelle-Aquitaine”. “Il y a une majorité de LGV au conseil métropolitain de Bordeaux”, a indiqué Alan Anziani, président de la métropole, et “appelant à la solidarité avec les amis de droite et du centre”, a ajouté Jean-Luc Mudenk. “En votant pour ce dossier”.

Les désaccords dépassent largement le cadre des grandes villes. “Je me confronte au petit égoïsme, car quand je suis maire de Bordeaux, à deux heures de Paris, c’est facile d’expliquer aux autres que je n’ai pas besoin d’être près de la capitale”, a déclaré Carroll Delga.Dans une interview vendredi bleu français..

“Nous avons besoin d’une LGV pour relier Paris et l’international, et nous avons aussi besoin d’une LGV pour développer des trains quotidiens”, a-t-elle insisté. Interrogée sur l’impact environnemental des lignes à grande vitesse (LGV), elle a défendu “toujours de très bonnes émissions de dioxyde de carbone des trains”.

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Jean-Luc Moudenc a également souligné le “manque de solidarité” du maire de Bordeaux. Selon lui, l’élu EELV “a oublié” que les habitants de l’ancienne région Midi-Pyrénées “ont fait don de plus de 300 millions d’euros pour financer l’arrivée de LGV à Bordeaux” en 2017. Un élu de Bordeaux a fait valoir que “c’est un problème pour les représentants d’Europe Ecologie les Verts et ils essaient toujours de confronter les solutions les uns aux autres”. L’heure de l’apaisement est encore loin.


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