Lire l’histoire – Librairie Aztec Treasure


EEn 1826, un rare amateur achète l’unique Codex aztèque sur le marché parisien. Son nom : Abbott Doron. Ses fonctions : Conservateur de la Bibliothèque parlementaire, Palais Bourbon, et donc le nom donné plus tard à ce trésor : Codex Volvonics. Mais comment un tel chef-d’œuvre est-il parvenu en France ? Le voyageur britannique William Robertson le vit sur l’Escurial à Madrid en 1777. Pourrait-il arriver au retour de la conquête espagnole de Napoléon ? Est-ce le résultat du pillage de l’expédition de 1823 que les Français firent pour reconstruire Ferdinand VII sur le trône ? Personne ne sait. L’identité du vendeur ne nous est pas parvenue non plus.Et les deux premiers folio se sont cassés, ce Reporello Il n’y a pas de marque de propriétaire de 14 mètres de long.

La première partie correspond à un calendrier sacré qui serait le résultat d’une rénovation proclamée par l’empereur Moctesma en 1507. La famine l’aurait poussé à changer le cours du temps pour accélérer la fête du feu. Ces 7 premiers mètres ont servi à prédire l’avenir de chacun en fonction de sa date de naissance en croisant chaque jour les dieux du jour et de la nuit ainsi que les divinités gardiennes associées. Les 7 mètres suivants sont plus aérés et reproduisent de manière très précise et complète les 18 rituels aztèques qui ont interrompu 2013 sur le calendrier annuel. Une longue analyse menée par le Centre de recherche sur la conservation du Muséum national d’histoire naturelle a montré que l’encre non européenne était utilisée pour le papier Amate. Mais ce témoignage écrit presque unique de la civilisation aztèque était-il écrit avant et après la conquête espagnole de 1519 ? Il n’y a encore rien qui permette de l’établir.

Lire à nouveau“Je ne connais pas le nombre et la nature des livres mayas brûlés.”

Le problème n’est pas sans importance. Si ce Codex est postcolonial, l’Espagne se réserve le droit de le revendiquer. Mais le Mexique, qui le prône depuis de nombreuses années, pense qu’il est précolombien. Cependant, depuis qu’il a été classé trésor national en 1964, il est désormais empêché de s’échapper de son territoire. Il est entreposé avec d’autres trésors dans une salle solide sous la cour du Palais Bourbon. Cependant, pendant les 200 ans d’indépendance du Mexique, la France a décidé de faire don d’une version en fac-similé produite cette année, grâce aux photographes parlementaires et aux éditeurs Citadelles & Mazenod. Il sera officiellement remis par l’ambassadeur de France au Mexique fin novembre, et la reproduction numérique a déjà été annoncée lors d’une grande exposition à Mexico.

Codex Volvonics (Ed. Citadelles & Mazenod, 35 euros, sortie prévue le 2 février 2022).

Histoire de la lecture, Salon de l’Histoire de Versailles, les 20 et 21 novembre 2021.


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