Lyon s’inquiétait d’un éventuel déplacement d’Interpol


N.-É.Euro sur la ville. Et si Interpol décidait de quitter Lyon et la France du jour au lendemain ? Cette idée préoccupe beaucoup les élus de la ville du Rhône qui travaillent avec les organisations internationales depuis 1989. En 2015, monde, Interpol a déjà exprimé sa volonté de rassembler tous ses collaborateurs sur un même site. Actuellement, environ 730 agents sont effectivement répartis sur deux sites différents à Lyon. L’immeuble ouvert par François Mitterrand à la fin des années 1980 compte 430 salariés et les 300 autres ont été relégués dans des immeubles locatifs. 2,5 millions d’euros par an.

Union sacrée

Sauf pour attirer un grand nombre de personnes, le site d’Interpol doit être agrandi et rénové. Un vaste chantier… pas encore lancé, et les élus lyonnais soupçonnent que l’Etat s’est fait traîner. En 2018, ils monde, la Province du Rhône a promis une participation publique de 50% du budget total de la construction. Dans une lettre aux fonctionnaires élus le 26 octobre, l’aide a finalement été réduite d’un tiers par Gérald Dalmanin. C’est là que le bas fait mal. Sans garantie de l’Etat, la ville de Lyon refuse de démarrer les travaux.

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“Oui, je suis obsédé par la présence d’Interpol à Lyon”, déclarait Grégory Dusset le 18 novembre, mais “je ne fais que mettre de l’argent public dans un plan clair”. La peur de voir Interpol bouger alors que l’Organisation internationale de police criminelle reconnaît l’existence d’un lycée international et fait la promotion de Lyon dans le monde provoque un miracle : le président Bruno Bernard (EELV) de Lyon Métropole et Laurent Voquier. La région Rhône-Alpes a adressé une lettre conjointe à Gérald Dalmanin. « Vous avez besoin que votre ministère et votre gouvernement fassent une promesse claire. »

Certains pays candidats

Les retards dans le lancement du site ne sont pas les seuls facteurs qui font pencher la balance en faveur du départ d’Interpol. Le général émirati Ahmed Nasser Arlaisi, élu samedi 27 novembre à la tête de l’organisation, pourrait également influencer la décision. Ce dernier fait certainement… l’objet de quelques plaintes pour torture déposées en France ! Ainsi, en tant que responsable d’Interpol, les fréquents passages à Lyon peuvent être entravés par une enquête judiciaire. Bien entendu, la volonté d’Ahmed Nasser Al-Rage ne suffit pas à elle seule à délocaliser Interpol.

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Pourtant, son entrée dans le métier fait déjà envie, couplée aux difficultés rencontrées par Lyon et l’Etat. Les risques dont Gerald Dalmanin a pleinement conscience, comme en témoigne une lettre adressée à un fonctionnaire élu en octobre, monde “Nous rencontrons des difficultés à formaliser les engagements de la France, a déclaré le ministre de l’Intérieur. Plusieurs pays, notamment les Emirats arabes unis, ont financé et répondu à l’application des services de police. Je suis en mesure de faire des activités d’organisation.” “La balle est dans le camp de l’Etat et nous devons préciser son engagement financier”, a-t-il déclaré au tailleur de pierres Gregory Dusset.