Marre des soignants : débloquer les hôpitaux publics par Nicolas Bouzou

Le taux de démission mensuel aux États-Unis est proche de 3,5 % de l’effectif employé. C’est un record. En 2021, près de 40 millions d’Américains ont quitté leur emploi. Ce phénomène est bien documenté dans tout l’océan Atlantique, mais les preuves suggèrent qu’il s’étend au-delà des frontières américaines. En France, elle est cohérente avec le fait que les difficultés de recrutement constituent un frein majeur à la croissance pour plus de la moitié des entreprises interrogées par l’Insee. Cette « démission massive » est multifactorielle. Salaire inadéquat, cognition sociale faible, diligence, horaires de travail lents qui rendent difficile la conciliation travail et vie personnelle, indemnités de chômage et subventions trop élevées, mauvaise gestion… toutes ces causes sont réelles et auxquelles sont confrontés les pays développés Combinés avec l’endroit où vous vous trouvez Nouveaux défis sociaux et économiques : remettre les gens au travail.

Il y a urgence dans certains secteurs. C’est le cas pour une bonne santé. Les syndicats et l’opposition ont accusé la réduction des lits. C’est le pire indicateur pour deux raisons. Premièrement, une diminution du nombre de lits ne signifie pas nécessairement une diminution de la qualité des soins. C’est peut-être même le contraire. Forte des avancées technologiques, la France développe depuis de nombreuses années la chirurgie ambulatoire (on se fait opérer sans dormir à l’hôpital) et l’hospitalisation à domicile. Nous avons eu 1000 fois raison de nous engager dans cette politique très appréciée des patients et leur permettant de « sortir de l’hôpital ». Deuxièmement, si cela n’est pas souhaité, la réduction du nombre de lits est davantage un symptôme qu’une cause de malaise hospitalier. Cause du problème : Ce sont les départs du personnel soignant. Tout le monde comprend que l’achat d’équipement n’est pas si compliqué. C’est une question d’argent. Recruter et retenir du personnel motivé est beaucoup plus compliqué. Quiconque a assumé la responsabilité de la gestion dans sa vie le sait.

Mais le cœur du problème se situe à ce niveau. Malgré les importantes augmentations de salaire, des centaines de personnes sont licenciées chaque mois. De Ségur de la Santé. La plupart de ces départs se font par démission.Je lisais une interview d’Anne Hidalgo Parisien Il y a quelques jours. Elle a promis d’abandonner l’idée d’un “hôpital d’entreprise” lors de l’élection. Cette (vague) proposition d’un candidat socialiste revient régulièrement dans la bouche de personnes qui ne connaissent pas le fonctionnement de l’entreprise et ne veulent pas s’embarrasser d’une analyse détaillée des déboires hospitaliers. ..

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Les hôpitaux ont tendance à limiter au maximum l’ascension sociale

L’entreprise embauche des employés avec la promesse d’une belle évolution de carrière. Cela ne fonctionne pas toujours parce que l’entreprise vend trop ou que la performance de l’employé n’est pas assez bonne, mais cela fait partie d’un contrat “implicite”. Au lieu d’imiter une entreprise, les hôpitaux agissent comme des machines qui limitent au maximum l’ascension sociale. Les infirmières (j’utilise des femmes plutôt que des neutres car 85% sont des femmes) sont dans les droits qu’elle a (“le statut de compétence”) si elle ne veut pas être la responsable de la santé. Selon son évolution sur la grille de grades et d’échelons donnée, on peut espérer terminer sa carrière au bloc opératoire ou chez un infirmier anesthésiste.

Elle termine sa carrière avec un montant net de 3 400 € mensuels, mais est souvent frustrée car elle n’a pas pu montrer tous ses talents sur cette grille. Dans ces conditions, comment peut-il être considéré comme un métier attractif ? Ne comprends pas que ce système est une formidable incitation à s’orienter vers le secteur libéral, à abandonner sa carrière, ou à ne pas s’engager du tout, même si on a une profession.


Express

Une suggestion innovante et utile est de briser ces fameuses “lois de capacité” et de permettre aux infirmières d’évoluer plus facilement et plus rapidement vers des professions mieux rémunérées. Restaurer l’autonomie de l’hôpital en donnant à l’hôpital la liberté de changer d’emploi et de former le personnel pour mieux payer. Les hôpitaux d’entreprise sont aussi un service public. C’est plus attractif pour plus de soins.


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