Médias : Google paie l’AFP pendant 5 ans pour utiliser du contenu en ligne

C’est “l’aboutissement d’une longue bataille” et aussi l’envie de “tourner les pages”. Au terme d’âpres négociations sur l’application des “droits voisins”, Google et l’AFP ont convenu de récompenser le contenu de l’agence de presse internationale présenté par le géant américain depuis cinq ans.

Le concept de droits voisins du droit d’auteur permet aux journaux, magazines ou agences de presse d’être récompensés lorsque leur contenu est réutilisé sur le Web. Il a été créé pour les plateformes en ligne par l’article 15 de la directive européenne sur le droit d’auteur, adoptée par le Parlement européen en mars 2019, après plus de deux ans d’intenses débats. Initialement, Google hésitait à payer pour l’utilisation du contenu dans les journaux français, mais début 2021, il a décidé de signer un accord-cadre. Après cela, certains médias français ont été suspendus pendant trois ans.

Il s’agit du premier partenariat signé par International Communications Company. Dans le détail, l’accord “couvre l’UE dans son ensemble dans toutes les langues de l’AFP, y compris les pays qui n’ont pas transposé la directive”, Fabrice Fries, PDG de l’Agence France-Presse, a négocié l’accord pendant 18 mois. L’AFP crée des contenus multimédias et les diffuse à ses clients en France et dans le monde en six langues.

“Nous nous sommes battus pour que les agents puissent bénéficier des droits voisins. La différence avec les partenariats commerciaux est que les contrats de droits voisins sont censés être durables”, a-t-il déclaré. l’agence.”

Amende de 500 millions d’euros

Mais surtout, cet accord, dont le montant n’a pas été dévoilé, pourrait créer une école. “Nous signons cet accord, tournons les pages et avançons”, explique Sébastien Missoffe, directeur général de Google en France.

Pourtant, il y a beaucoup de négociations et de tensions à propos de Gaffam et du droit d’auteur. En Espagne, Google a annoncé la reprise des services Google News début 2022. Le service a été fermé dans le pays il y a sept ans à la suite de l’adoption de la loi sur la propriété intellectuelle, qui exige le paiement des médias. Au Danemark, les médias grand public ont annoncé en juin qu’ils s’uniraient pour négocier le droit d’auteur avec le géant du Web. En Australie, une loi a été adoptée qui oblige les géants de la technologie à payer les médias pour la récupération de contenu.

En France, les autorités françaises de la concurrence ont infligé une amende de 500 millions d’euros à Google pour ne pas avoir négocié “de bonne foi” à la mi-juillet. Google a fait appel, mais tous continuent de faire de même en parallèle des négociations avec tel ou tel groupe de médias français.

Mais cet accord entre l’AFP et Google est aussi la première pierre. Selon les deux sociétés, elle devrait être complétée « dans l’immédiat » par un « programme sur la lutte contre la désinformation ». L’AFP propose spécifiquement une formation à la vérification des faits. “A côté de Facebook, Google sera l’un des premiers clients de l’agence”, a ajouté Fabris Fries. Le groupe américain Meta, propriétaire du réseau social, rémunère plus de 80 médias dans le monde, dont l’AFP, dans le cadre d’un programme de validation de contenu.