Menace terroriste : les plateformes numériques ont besoin d’une responsabilité urgente

Deux mois se sont écoulés depuis le début du procès sur l’histoire des attentats de Paris du 13 novembre 2015. La semaine dernière, c’est l’ancien président de la République François Hollande qui a témoigné devant la justice. Pendant quatre heures, il a expliqué les raisons de l’intervention armée en Syrie, l’ampleur de la menace terroriste qui a frappé la France en 2015, et les efforts déployés pour éviter des attentats meurtriers. Lorsque son témoignage a été très médiatisé, ce sont les témoignages des familles des survivants et des victimes qui ont le plus fait ressortir ce cas particulier. Des centaines de ces parties civiles se sont succédées tout au long du mois d’octobre dans un tribunal spécial surdimensionné pour expliquer ce qu’elles ne pouvaient pas dire. Leur témoignage déchirant a mis un silence terrible dans les couloirs du tribunal normalement très bruyants.

Comment rester indifférent face aux parents qui ont perdu leurs enfants, aux enfants qui ont perdu leurs parents, aux jeunes qui ont perdu leurs amis, à l’insouciance et aux larmes de joie de vivre ? Et que dire de la résilience, de la combativité et du courage de ces personnes qui ont vanté l’art de vivre à la française face à l’État de droit, à la justice et à l’ambiguïté religieuse, plutôt que d’envoyer un message de haine aux accusés. tu l’admire comme ça ?

Ce procès et l’anniversaire de l’attentat de la semaine dernière posent la question de l’ampleur de la menace terroriste en France et dans l’Union européenne aujourd’hui. Bien que les attaques à grande échelle aient considérablement diminué ces dernières années, la menace du terrorisme existe toujours. Selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, « tout peut arriver », notamment dans le cadre de ce procès très médiatisé. En effet, ces derniers pourraient constituer un déclencheur pour un certain nombre d’individus radicalisés lors d’une pandémie et d’un emprisonnement ultérieur. Ces « loups solitaires » n’appartiennent pas forcément à des structures « officielles » comme al-Qaïda ou l’État islamique (EI), mais ils constituent une menace majeure pour des pays comme la France car ils sont difficiles à contrecarrer. Les événements récents en Angleterre et en Norvège et l’assassinat de Samuel Paty l’année dernière le prouvent.

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Néanmoins, le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan pourrait s’accompagner de la nouvelle montée en puissance de l’Etat islamique et d’al-Qaida si la menace à l’heure actuelle semble venir presque exclusivement de ces individus solitaires. Ces deux organisations peuvent en effet regagner un espace opérationnel et planifier, préparer et mener des attaques plus coordonnées et meurtrières sur le sol européen. Par conséquent, face à cette potentielle vague de terrorisme, il est impératif d’être vigilant et vigilant. À cet égard, le rôle des plateformes numériques est très important.

Les plateformes numériques telles que Facebook, Google et Telegram sont le point de départ des terroristes qui ont été totalement libres de coordonner et d’organiser leurs attaques au fil des ans. L’absence voire l’absence totale de contrôle du contenu du côté des réseaux sociaux est très suspecte. La plateforme se doit d’être vigilante face à la diffusion de messages haineux et terroristes. Mais au contraire, il est clair qu’elle favorisera l’intensification et la diffusion de la propagande des groupes terroristes. Il est donc impératif que ces plateformes prennent leurs responsabilités.

De plus, les attentats du 13 novembre, de Nice et de Charlie Hebdo, ont non seulement blessé la France, mais ont également eu un impact majeur sur la société et le droit français. L’état d’urgence a été instauré au lendemain des attentats de Paris et prolongé à six reprises, mais compte tenu de l’ampleur de la menace terroriste à l’époque, il ne fait aucun doute que la liberté individuelle a été sévèrement restreinte. Certaines mesures prévues dans cette loi spéciale ont été remplacées par une législation commune avec la loi de 2017 visant à renforcer la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme.

Récemment, une législation a été promulguée visant à renforcer les principes de la République. À la suite de l’horrible assassinat de Samuel Paty, il offre une protection plus complète aux fonctionnaires, modifie la législation sur les sectes pour lutter contre la ségrégation religieuse et prévoit en même temps des sanctions sévères face à une haine accrue.

Si ces mesures sont nécessaires pour empêcher les attentats terroristes et l’intensification du peuple français, nous devons éviter de violer de manière disproportionnée les mêmes libertés que nous voulons défendre. A cet égard, si l’hébergeur accepte de participer au système de défense américain (comme le montre le récent témoignage de lanceurs d’alerte Facebook, l’hébergeur n’a pas participé, mais n’a pas encore participé)., de nombreuses restrictions fixées après l’attentat terroriste ont été contournées .

Le procès de l’attentat du 13 novembre restera dans l’histoire, compte tenu de la période, du nombre de parties civiles présentes et des enjeux inédits. On peut s’attendre à ce que les accusés reçoivent le plus grand jugement pour avoir causé ou contribué à la mort de 130 personnes innocentes, mais la menace actuelle du terrorisme ne doit pas être sous-estimée. Nous devons être très vigilants, la contenir et poursuivre nos efforts pour empêcher l’intensification de nos concitoyens.

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* Le Dr Hans Jacob Sindler est directeur principal du Counter Radical Project (CEP), une organisation internationale à but non lucratif qui combat la menace croissante du terrorisme et de l’idéologie radicale, et anciennement Daesh Watch Team, al-Qaïda et les talibans. Je suis coordinateur. Conseil de sécurité des Nations Unies.


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