Nicolas Sarkozy souffrant d’un juge… et Emmanuel Macron


Écoutez cet article dans l’application


Écoutez cet article dans l’application

Ça en dit long, la mâchoire. Sur une petite table rouge dans une librairie lyonnaise, Nicolas Sarkozy, parfait pour la tribune du Parc des Princes, trahit un brin d’agacement. De mémoire du président, on n’a jamais vu un tel entêtement de la magistrature. Le tribunal a ordonné qu’il soit « déféré à la police » comme témoin de l’affaire du scrutin de l’Elysée, et le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné à un an de prison ferme pour financement illégal de sa campagne 2012. Nicolas Sarkozy, qui a confirmé sa présence à la barre ce mardi, 20 jours après sa condamnation (sa décision en appel), se souvient que nous avons pris une autre action pendant son mandat.

Dans son esprit, le nom de Jacques Chirac a été condamné en décembre 2011 à deux ans de prison avec sursis dans l’affaire d’un emploi fictif dans la ville de Paris. Certes, le président Sarkozy n’a pas pu éviter ce verdict contre l’ancien chef de l’Etat, mais c’est toujours pareil… il a eu la grâce de « garder la tête hors de l’eau » – devant l’interlocuteur. imite son image. Mieux encore, il a demandé à l’UMP 2010 de régler une partie importante de la facture de 2,2 millions d’euros soumise à Chirac par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, malgré des serrements de dents anti-kirakiens. Du côté droit, nous savons exprimer notre gratitude. “Au premier rang du meeting 2012, j’ai hérité de la reconnaissante Bernadette et de son sac à main.” Souvenirs d’un sarcogiste fidèle. Carla, elle n’aurait pas à avoir ce problème en 2022, personne à l’Elysée ne semble se soucier du sort de son mari. Emmanuel Macron a eu du mal à rejoindre son prédécesseur dans la nuit du 30 septembre, jour de sa condamnation, mais ses gestes semblaient un peu plus légers. Dans la foulée, c’est le président du Parlement Richard Ferrand qui a appelé. L’entente entre Nicolas Sarkozy et lui est chaleureuse.

Les deux hommes partagent une aversion pour l’Anti-Corruption Society Anticor dans leurs origines respectives de détresse. C’est elle qui a déposé la première plainte pour malversations et détournements de fonds publics en 2010 après que la Commission d’audit et d’inspection s’était étonnée que l’Elysée ait “dépensé une somme exorbitante” pour enquêter. Après la victoire judiciaire de Richard Ferrand en Bretagne, c’est à nouveau Anticall qui a fait appel devant la Cour de cassation en avril dernier. Et c’est toujours Anticall qui a reçu la citation à comparaître devant le tribunal de l’ancien président. “Calmons-nous”, a répondu Nicolas Sarkozy. Mais ne manquons pas de perspicacité, pensa-t-il probablement.

“Sarco croit toujours que le pouvoir peut faire quelque chose à la justice, il a tort.”

Service limité. 2 mois pour 1 € sans engagement

Le 2 avril 2021, après quelques mois d’atermoiements, Jean Castex renouvelle l’agrément de l’association et lui permet d’intenter une action en justice. Corriger ses détracteurs, “pour justifier la vie politique”. Ils étaient quelques personnes en coulisses et dans la presse à tenter de persuader Emmanuel Macron de mettre un terme au « mélange de ce genre », mais en vain. “Matinyon a oublié de donner du courage”, s’inquiètent des députés LREM. Dès lors, le ressentiment de Nicolas Sarkozy augmente. Il n’aurait jamais donné à cette « clinique de gauche » une si grande envergure, comme l’appelait son ancien conseiller Patrick Buison. Mais “le gouvernement n’a pas pu sceller Anticall, ça aurait été Harari”, assure l’un de ses vieux amis. Le même ajoute : “Sarco croit toujours que le pouvoir peut faire quelque chose à la justice, il a tort.”

Application L’Express

Analyse et décryptage du suivi où que vous soyez

Téléchargez l'application

Téléchargez l’application

Beaucoup de mots, peu d’actes, c’est en gros ce que pense Nicolas Sarkozy. Emmanuel Macron peut profiter de son discours pour se rebeller contre la justice et le temps pour convoquer “des ministres, des élus” dans le cadre de la procédure “en raison de la crise en cours”, a-t-il déclaré. C’est loin d’être l’apaisement et l’équilibre », a-t-il déclaré, qu’a-t-il fait pour changer ça ? Même sa promesse de supprimer les tribunaux de la République à Versailles et de « rendre le ministre lui-même responsable de ce qu’il fait dans ses fonctions normales » n’est pas tenue. Occasion pour Sarkozy de ressasser : “Macron est faible ou il est très faible”.


avis

Chronique

SharmaniAbnoussé Shalmani

Chronique

Christoph Donner, écrivain.Christoph Donner

Chronique

Nicolas Bouzou, économiste et essayiste, est le fondateur et directeur du cabinet de conseil Asterès.Nicolas Buzo

Chronique

Abnoussé Shalmani