Nucléaire : les déchets générés en France sont-ils correctement traités ?

Combien de déchets nucléaires la France a-t-elle produits jusqu’à présent et combien produira-t-elle à l’avenir ? Difficile de répondre à ces deux questions. Le 5ème Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs (PNGMDR) -document réalisé par le Ministère de la Transition écologique- devrait déjà fournir des éléments précis et quantifiés. Mais il a plus de deux ans de retard. Et une fois terminé, l’examen des déchets liés à la dissuasion nucléaire, Abandon du projet AstridThéoriquement, il a permis de recycler les déchets radioactifs dans des réacteurs de nouvelle génération.

Plus de 250 000 m3 en 2100

“Même avec beaucoup de progrès en 30 ans, c’est compliqué d’obtenir un peu de transparence”, confie Emily Cariu, l’adjudant de Moose, membre du Secrétariat parlementaire aux choix techniques et à l’évaluation des scientifiques (OPECST). Co-rapporteur du PNGMDR. En effet, le bilan de la gestion des déchets générés par le nucléaire privé est de mieux en mieux documenté. Du côté militaire, en revanche, il y a un manque permanent d’informations. “Les données sont incohérentes, mais surtout, de nombreux chiffres de base manquent”, confirme Patrice Buvre, directeur de l’Observatoire français des armes et co-porte-parole de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN)….

de Recherche L’ICAN publié mercredi a estimé la quantité de déchets nucléaires militaires produits par le Japon à environ 150 000 mètres cubes (m3). « Si nous poursuivons cette tendance sur la base de chiffres historiques, elle pourrait dépasser les 250 000 m3 en 2100 », a déclaré Jean-Marie Collin, expert en désarmement et co-porte-parole de l’ICAN. Aujourd’hui, les auteurs soulignent que ces résidus radioactifs ne font pas l’objet de recherches sérieuses. Cependant, ils représentent près de 10 % des déchets civils. Peut-être plus : parce que la quantité spécifique produite dans le passé est inconnue.

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« Par exemple, en Polynésie, la localisation des déchets est bien documentée dans les documents disponibles, mais au contraire, la quantité n’est pas indiquée, mais il restait 174 tests souterrains à chaque fois. Je sais. Des matières radioactives dangereuses ! pour l’Algérie. La production n’est pas indiquée en inventaire, donc des surprises peuvent survenir », déplore Patrice Bouveret.

Que prennent ces déchets ? « Il y a quelques cas de tous, précisent les experts. En Algérie, il pourrait s’agir d’un avion ou d’un char enterré dans une fosse et qui a été partiellement récupéré par les habitants malgré le danger. La matière radioactive est restée au fond de la galerie souterraine. La bombe explosion en 1962 a révélé de la lave hautement radioactive.

La Polynésie a aussi sa part de contamination radioactive : des bidons et des moteurs d’avions ont été jetés au fond de la mer et des déchets contaminés ont été enfouis dans des puits… mais le Commissariat Nucléaire et Energie Alternative (CEA).Les chiffres sont différents entre le rapport et l’Agence de gestion des déchets radioactifs (Andra). “Cela pose question, précise Jean-Marie Colin. S’il y a une différence aujourd’hui, il y a un risque d’opacité comptable qu’on ne pourra démêler d’ici 20 ans.”

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Il est donc temps d’effectuer le travail d’évaluation. « Actuellement, il y a un problème avec la définition du déchet lui-même, précise Patrice Bouveret. L’exploitant doit déclarer que ces matériaux peuvent être réutilisés afin d’échapper au classement des déchets. Par exemple, utilisez le carburant utilisé pour propulser un sous-marin nucléaire. Ils ont toutes les propriétés des déchets nucléaires, mais ils n’en font pas partie. Avec le renouveau global de la marine nucléaire française, Cherbourg deviendra bientôt la première ville nucléaire au monde, avec 18 réacteurs en rade en attente d’une baisse de la radioactivité avant d’être démantelés d’ici 2050. A faire. Complète et met l’accent sur le rapport ICAN. Le stockage durera officiellement des décennies. Des chiffres trop flous pour Jean-Marie Colin : « La France se charge de préciser la période et d’apporter une réponse globale sur la quantité de déchets militaires afin que les coûts de gestion correspondants puissent être estimés. Les parlementaires peuvent voter pour ou contre la mise à jour des équipements avec toutes les données à l’esprit. ” Emily Cariu est d’accord : « Si la question nucléaire n’est pas traitée, elle affectera à la fois les contribuables et les consommateurs. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie ont déjà fait preuve de transparence dans ce domaine. Alors pourquoi pas la France ?


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