“On arrête tout”, “Je suis malade”, “Je ne m’exprime plus”… Nicolas Hulot ou l’art du vol

Il quitte les rochers de Breton à Saint-Lunaire et se dirige vers BFMTV. Il était assis sur un ensemble de Bruce Toussaint dans un pull bleu avec un col rond en forme de queue de baleine et des bijoux sur son cou. Comme n’importe quel autre mercredi matin, sauf si vous vous appelez Nicolas Hulot. Il n’est pas venu parler de biodiversité ou de lutte contre le réchauffement climatique. L’« envoyé spécial » est plus de 24 heures sur 24 et diffuse une enquête dans laquelle plusieurs femmes lui reprochent « d’agression sexuelle et de viol », un fait remontant à 1989. De loin (…) il a commis ces actes jusqu’à présent, ” conclut “, ces déclarations sont inexactes. Personne n’a vu le programme en question, mais il a déjà obtenu des résultats. “Je quitte la vie publique pour toujours (…). Je ne parlerai plus jamais. Je veux que personne ne vive. ” Le cauchemar dans lequel je vis. ”

Devant Bruce Toussaint, Nicolas Hulot s’est exclamé : “Je souffre du poison des rumeurs depuis quatre ans, et les allusions sont parfois ouvertement critiquées.” 2018, quelques jours avant l’article Hebdo Le ministre de la Transition écologique de l’époque, accusé de harcèlement et de violences sexuelles, se défendait devant une caméra sur la même chaîne. Il s’agit de plaintes déposées contre « viol » en 2008 et a été classée sans suite comme il est stipulé.

De retour en province, il ferme la porte de son bureau et prend le train jusqu’à son domicile du nord de la Bretagne. Devant une fenêtre donnant sur le golfe de Saint-Malo là-bas, il tenait un stylo et rédigeait sa démission. Il a éteint son téléphone portable et a été submergé par les appels d’amis et de collègues ministres et a tenté de l’arrêter. Dans la foulée, il change même le numéro. Emmanuel Macron et Edouard Philippe les ont empêchés de quitter le gouvernement dans des conditions extrêmes. L’envie de s’évader déjà.

“On va tout arrêter”

Personne ne pouvait comprendre Nicolas Hulot. Même ses amis les plus fidèles. Sa colère, sa passion, ses caprices… ils s’enfuient tous. En 2016, l’une des épées amarrées devant le parlement, lui et ses soldats de toujours Gérard Felzer, Jean-Paul Besset, Pascal Durand et Matthieu Orferin se dirigent vers la présidentielle de 2017. Je me prépare en secret. Une feuille de papier. Ils ont même l’idée du premier ministre de l’homme Emmanuel Macron. En route pour la province où doit être déposé le décret de l’association pour la campagne, Felzer reçoit un appel de Nicolas Hulot lui disant “On va tout arrêter”. “Il devait se douter que ces histoires de viol flottaient au-dessus de lui, mais nous ne le savions pas”, a déclaré l’un des adjudants à l’époque.

Six mois plus tard, à la présidentielle, c’est Nicolas Hulot du gouvernement. Il n’a pas dit qu’il accepterait le poste si souvent, et il était vêtu de la luxueuse position de ministre d’État. Lorsqu’Emmanuel Macron lui a proposé le Maroc, le deal était clair : “Si j’entre, ce n’est pas pour souffrir, c’est pour faire. La feuille de route de l’écologie est sur le calque dessiné par d’autres ministères. Elle devait le devenir. Manqué. Il n’était pas aussi instantané que les autres ministres. Ce non-format, dans lequel il a été choisi et criant sur les allégations, provoque sa chute. Il y a beaucoup de déception.

“Ce n’est pas un combattant”

Dans la mesure du possible, il passe ses week-ends chez lui sur la côte bretonne de Saint-Lunaire. De temps en temps il s’échappait sous le nez et la barbe du gardien, sautant sur Montparnasse en taxi, se laissant poursuivre, hurlant toutes les sirènes, et sautant dans le train qui emmenait son patron en colère à Saint-Malo. Il s’est confié ouvertement. « Dès qu’on est nommé ministre, on est pris comme une rivière en crue. C’est difficile de garder la tête froide et de regarder l’horizon car on est toujours plongé dans plein de petites choses. Ce n’est pas toujours utile.

La politique n’est pas son ADN. Il dit que c’est une voie “sans issue” et “merci”. « C’est un homme paradoxal. Comme un aventurier, c’est un individualiste, il vit sa vie, sa passion est liée. auteur de la biographie Les paradoxes de Monsieur Hulot (L’Archipel). Le ministre aurait dû être le moment le plus réussi de sa vie, son zénith, son ultime combat : ses soupçons, sa colère, et même si ce n’est pas l’explosion médiatique de sa nostalgie.

“Je l’avais pour l’instant”

Ceux qui disent qu’il sait qu’il est d’accord sur un point : le gouvernement Nicolas Hulot, c’est provisoire. “La décision la plus difficile de sa vie”, dit-il. Combien de fois a-t-il prévenu sa chef de cabinet Michelle Paparald par mail, SMS, ou téléphone, « J’en suis marre, j’arrête » ? Dès le premier été d’août 2017, il fait part à son cabinet de sa volonté de tout abandonner. Edouard Philippe annonce son agenda de Premier ministre et visitera avec lui le navire à hydrogène “Energy Observer” à Saint-Malo.

Nicolas Hulot, le troisième ministre dans l’ordre du Gouvernement Protocole, a annoncé sa démission chez Mike à l’Inter français, non pas à 9 heures du matin le 28 août 2018. Et dans la poche de sa veste ce jour-là se trouvait un billet pour son train pour la Bretagne. En 72 heures, le temps de faire les cartons à l’Hôtel de Roquerolle, il s’installe chez lui. Ce sont les premiers jours du reste de sa vie. Et ils sont tristes. Il s’enferme et quitte la maison avec la seule grâce du vent, ce qui est parfait pour le kitesurf. Traverser le désert est pénible. Il passe de la lumière au crépuscule, s’installe et s’absente. Il a essayé plusieurs retours médiatiques, mais n’en a obtenu aucun.

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Sisyphe

Le voici à nouveau sous les feux de la rampe, mais a été blâmé. Cela n’a jamais été maîtrisé par lui. Nicolas Hulot a envisagé de contre-attaquer cette interview, comme le “moment télé” que l’ancien showman d’Ushuaia Nature avait longtemps gardé secret. Il a fait le choix de s’évader en quittant “décisivement” sa vie publique et en annonçant la présidence d’honneur de sa Fondation environnementale. “L’art de Nicolas et l’art du vol… on pourrait en fait avoir plusieurs tomes de livres”, “Le voir riposter et déjà honorer de rapporter toute cette histoire. “Je l’aurais vu en diffamation”, déplore l’un des ses anciens compagnons de voyage : « Le champ de la justice. Il n’y a aucun doute sur Albert Camus Sisyphe de Nicolas Hulot.


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