Orrion Chemicals veut recycler et faire rebondir les vieux matelas en mousse

Ils encombrent le centre de recyclage et finissent souvent dans les décharges et les incinérateurs. La PME Orrion Chemicals a trouvé un moyen de recycler les vieux matelas en mousse. “Nous travaillons sur ce projet depuis deux ans et demi, un procédé rare au monde”, a déclaré Christian Siest, directeur de cette petite entreprise chimique dotée d’une usine à Smowa, dans la banlieue d’Orléans (Loire).

Un nouvel atelier doté de près de 3 millions d’euros de financement public vient de démarrer. « Elle sera pleinement opérationnelle à la fin de l’année », désigne-t-il comme cadre, ancien directeur de l’usine chimique, qu’il a succédé à d’autres cadres.

La conversion de la mousse usagée utilise un procédé innovant développé par la société de conception allemande H&S avec le soutien du géant de la chimie Dow Chemical. Orrion utilise des brevets pour le marché français. Concrètement, le voile de mousse est broyé en très petits morceaux, puis mélangé avec des réactifs puis chauffé à 200 degrés. « Le liquide émergent, Renuva polyol, est une nouvelle matière première, explique Christian Siest. Et cette matière première sert… à fabriquer des matelas ! .. Le groupe anglo-saxon Vita s’y intéresse déjà.

4,5 millions de matelas sont jetés chaque année en France

Cette nouvelle activité créera 10 emplois à l’usine d’Orion. L’effectif atteindra 50 à la fin de l’année. L’entreprise prévoit de doubler sa capacité à court terme et de répliquer ce processus de recyclage dans toute la France. « A terme, nous prévoyons de créer 10 nouvelles unités sur l’ensemble du territoire », précise Christian Siest.

Et il y a beaucoup à faire. Selon l’organisme Ecomobilier, qui collecte et trie les matelas, les Français disposent d’environ 4,5 millions de matelas par an. Le changement de literie était l’un des métiers de la crise, car les Français pris au piège cherchaient à améliorer leur quotidien et donc leur sommeil.

La PME Orrion Chemicals peut en recycler jusqu’à 200 000 par an, et lorsque la capacité double, elle peut en recycler 400 000, soit seulement 10 % de la quantité actuelle.