Pologne, Lituanie… En Europe de l’Est, le nouveau rideau de fer

Lorsque le mur de Berlin s’est effondré en novembre 1989, l’Europe a vu disparaître l’interminable rideau de fer qui séparait l’État communiste de ses voisins occidentaux. Trente-deux ans plus tard, elle voit un nouveau mur se construire, comme si elle avait reculé. La Pologne a annoncé lundi 15 novembre qu’elle construirait un mur sur la moitié de la frontière avec la Biélorussie (180 km) à partir du mois prochain. Outre la décision de la Lituanie, il a été décidé de remplacer les barbelés, qui ont été précipités cet été, par son territoire et une clôture de fer contrôlés par l’administration du dictateur biélorusse Alexandre Loukachenko. ..

Attention, sujet sensible. Depuis octobre, 12 États membres ont sollicité des financements communautaires pour ériger des « barrières » aux frontières extérieures de l’Union européenne. La proposition a également été approuvée par le président du Conseil, Charles Michel. Cependant, certains pays, dont la Commission et la France, sont réticents. Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, s’est opposé à « l’Europe couverte de poils ou aux murs de barbelés », rappelant ce qu’il était « pour l’Europe tenant le bord extérieur ».

La diplomatie, pas le mur

Le rideau de fer a permis au régime autoritaire oriental d’empêcher les départs massifs vers l’Europe occidentale. De nouvelles clôtures polonaises et lituaniennes seront présentées au besoin pour empêcher l’invasion d’immigrants illégaux en Biélorussie. “Je ne connais pas l’intérêt sécuritaire de ce nouveau mur car ce n’est pas une crise de l’immigration, mais pense l’expert des frontières et un auteur Michel Foucher.Souvenirs de géographes politiques parcourant le monde (Robert Laffont, 2021). Le problème a été résolu par voie diplomatique grâce à Angela Merkel qui a appelé le président russe Vladimir Poutine et l’allié biélorusse Alexandre Loukachenko le lundi 15 novembre. “Cette question ne devrait pas être un conflit féroce.”

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Si la désescalade se confirme, le flux d’immigrants pourrait rapidement s’épuiser à la frontière polono-lituano-lettone. Contrairement à la route des Balkans et de la Méditerranée, cette région n’est pas la porte d’entrée de l’UE. “Créer un mur est encore utile lors de la reprise des opérations dans le futur pour décourager, ou du moins faire affluer les immigrés par Loukachenko”, estime cependant un politologue du Conseil européen, estime Powell Zerka. (ECFR). Mais il ne peut empêcher la fuite des opposants à son administration. “Lukashenko veut qu’autant de manifestants que possible partent et les a fait rejoindre l’UE”, a déclaré Powell Zerka. Au contraire, une autre différence avec l’époque du rideau de fer, où les dissidents ne pouvaient pas quitter le sol soviétique.


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