Premier débat sur la Primaire LR : Barnier en vue du Duo Bertrand-Pecles

Les gens qui regardent un film après avoir regardé une bande-annonce peuvent être surpris. Le réalisateur peut cacher le jeu et surprendre le spectateur. Secouez-le avec sa conviction. Parfois, ce n’est pas le cas. Les longs métrages, pour le meilleur ou pour le pire, sont comme des promesses. Le premier débat télévisé sur la Primaire LR appartient à la deuxième catégorie. Les nommés républicains ont annoncé lundi soir leur score tant attendu sur LCI.

Trois favoris du vote, à la convergence idéaliste indéniable, ont avancé le pion et respecté l’engagement pris par Xavier Bertrand le 2 novembre. Malgré quelques escarmouches, le débat n’est pas devenu une « course folle ». Il y a des ombres, mais pas de fractures. La semaine dernière, un proche du candidat a avoué : “Ils approchent des prestations. Cela risque d’être ennuyeux.” Ce pronostic a parfois été observé lors de matchs plus proches d’un échange poli que d’un match de boxe.

Entretien oral en cohérence avec la stratégie du candidat

Les candidats traduiront verbalement les stratégies d’orientation de leurs campagnes internes pendant trois heures. Chacun occupe le rôle qui lui a été assigné. En tête des sondages, Xavier Bertrand attend avec impatience la présidentielle. Il cible le chef de l’Etat à de multiples reprises, “il fait campagne avec un chéquier français”, mais il se garde bien de critiquer ses concurrents. Ceux qui se présentent comme la meilleure chance de la droite d’accéder au second tour développent son thème : la fermeté majestueuse et l’admiration de la « société du travail ». « Les travailleurs gagneront plus, mais ceux qui ne voudront pas travailler gagneront moins », dit-il, résumant sa philosophie. Personne n’est incompatible avec lui. A droite, un consensus sur la “valeur du travail”.

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Le favori des votes Michel Barnier actionne deux de ses leviers favoris. Restant fidèle à LR, il cite Laurent Voquier et Bruno Rutairo, qui sont des figures de droite conservatrices dans lesquelles le Congrès est isolé. Les gens ne se soucient pas des suggestions techniques. Après que Valérie Pécrès a confirmé sa proposition de supprimer 150 000 fonctionnaires, elle défie à coups de hache la réforme nationale. Si vous voyez la volonté d’inverser la « courbe de la dette », vous n’avez pas identifié les moyens exacts pour y parvenir.

Cette ambiguïté gêne son adversaire. Le patron francilien tire quelques flèches sur l’ancien négociateur du Brexit. Ne précise-t-il pas suffisamment les économies qu’il souhaite réaliser? “Tous ceux qui ne promettent pas de supprimer un poste ne le font pas. On ne peut pas être un parti à Démagogue”, lance le candidat. L’ancien commissaire européen veut réduire la taxe à la production ? “Michelle n’a pas dit comment financer ses mesures”, s’amuse Valérie Pécrès. La candidate autoproclamée “femme à faire” revendique son projet très détaillé. Elle judo avec son adversaire et affaiblit sa posture en surplomb.

Barnier, la cible de Pécrès

C’est le paradoxe de Barnier. L’homme présente toujours un programme peu clair, mais il a développé la seule proposition pour franchir le mur du son dans cette campagne. Il s’agit d’un moratoire de trois à cinq ans sur l’immigration. En revanche, il n’a jamais été dans le cœur de ses concurrents. “Je n’ai pas compris comment ça fonctionnait. Ce n’est pas un zéro immigré”, confie Valérie Pécrès. “Je ne veux pas attendre trois à cinq ans pour régler le problème”, a ajouté Xavier Bertrand. “Ne faites pas semblant de ne pas comprendre”, argumente le responsable. Une alliance objective peut se nouer entre les deux présidents de région extérieurs au vote. “Nous sommes probablement les deux plus redoutés d’Emmanuel Macron”, lance-t-il au terme du débat.

Ces jeux de stratégie sont spécifiques à ces discussions. Mais il y a une chose qui est claire. Justice pénale, sécurité, écologie… : les désaccords sont rares parmi les candidats. Seul Eric Zemmour peut être mis à l’écart, comme lorsqu’il qualifie le concept de « grandes alternatives » ou définit Eric Zemmour comme un « concurrent ». Philip Jubin refuse de réduire le nombre de fonctionnaires.

Voici plusieurs de ces conflits : nous devons en extraire les gagnants. Xavier Bertrand et Valérie Pécrès ont été plus précis sur le sujet que Michel Barnier. Signes d’un service plus réussi ? Peut-être, mais ce n’est pas une surprise. L’ancien ministre des Affaires étrangères a théorisé le fait qu’il parie sur des méthodes plutôt que sur des projets très détaillés. Selon lui, vouloir répondre à tout ouvrira la voie à l’usage solitaire de la force. Une anecdote évidente : Interrogé sur sa première décision à la tête de l’Etat, alors que ses concurrents proposent des mesures comme l’ouverture d’un nouveau réacteur, il… “Message à l’Armée” A fournir. Un vote le 4 décembre vous dira si cette stratégie est correcte.

Manque d’histoire

Cependant, la discussion ne pouvait pas se limiter à des questions individuelles. 2021 n’est pas 2016. Il y a cinq ans, on promettait à l’Elysée le premier vainqueur. Aujourd’hui, les droits doivent prouver leur raison d’être. Les intérêts collectifs dépassent le destin individuel. Ces discussions de trois heures ne suffisent pas à résoudre cette crise existentielle. “Il ne faut pas améliorer Macron, mais ce n’est pas le cas”, est le troisième mot de LR Aurélien Pradie. Les droits se sont renforcés sur la question souveraine et ont promis de poursuivre la réforme du pays. Moratoire sur l’immigration ou allocation d’immigration ? Baisse des coûts sociaux et des taxes à la production ? Suppression de 150 000 ou 250 000 emplois publics ? Un échange technique interrompt la discussion.

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Je n’ai pas encore parlé. La droite peine à l’élever tandis qu’Emmanuel Macron prétend être le pionnier de “France 2030” et Eric Zemmour martèle son discours de civilisation. Parlez aux Français. Le débat de lundi soir a confirmé cette difficulté dans un camp compétent mais politiquement étouffé. Des dirigeants de LR ont récemment déclaré à L’Express : «Nous sommes des horlogers, mais nous n’entendons pas l’horloge.» Lundi soir, les aiguilles étaient encore silencieuses.


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