Quand l’écrivain germanoplatine était piégé dans le monastère des Corbières

Humilité, charité, chasteté : ce ne sont pas les valeurs qui prévalent à Saint-Germain-des-Prés, un environnement qui privilégie facilement le désir, le commerce sacerdotal, et la vanité. L’écrivain et éditeur Nicholas Diat est-il un confesseur masqué ? En tout cas, il a eu la grande idée d’inviter une bande d’écrivains incroyables au monastère de Lagras pour se confronter aux normes et sauver le potentiel de leurs âmes. J’ai rencontré Nicholas au printemps dernier alors que ce projet avait déjà commencé. Fin juin, il m’a proposé de me rejoindre. J’avais besoin de vacances terribles et j’avais envie de silence. Un retrait de trois jours m’apportera le plus grand avantage.

Le 14 juillet, jour qui ne m’inspirait rien de bon, j’ai pris le TGV jusqu’à Narbonne. Dans l’éblouissante soutane blanche, frère Peigne m’attendait à la gare. Sa silhouette ascétique me rappelait une photo du lieutenant Jean de Cess Maison, le frère de ma grand-mère bien-aimée, décédée en Indochine en 1948. Avant même d’arriver dans ce monastère datant de Charlemagne, j’étais conquis. Noble anachorète de la ligne Wisigoth. J’appris en 1792 que des malheureux pillaient Lagras. Les moines bénédictins exilés disaient : ” Si c’est Dieu qui nous chasse, nous ne reviendrons pas, mais si c’est une personne, nous reviendrons. ” Je vous l’ai dit. Il est encourageant de constater que les normes augustines ont pris le dessus sur le mur. Il nous rappelle que le temps de Dieu n’est pas le temps humain, pas le temps jacobin d’hier et de demain.

Et Sylvain Tesson propose de descendre en rappel une tour du XVIe siècle

J’ai tout aimé de Lagras : la beauté des lieux, la tranquillité de ma cellule (parfois occupée par le cardinal Sarah), le service lorsque le vitrail central bloquait le soleil d’été, et surtout moi.Conversation avec son frère et son père. Grâce à eux, ils ont rapidement atteint un niveau élevé. Leur esprit d’enfance m’a frappé. Orateur irréparable, je n’ai pas pu résister à la tentation de leur demander des anecdotes sur mon glorieux prédécesseur. Les débutants riaient encore de l’arrivée de Frederick Begbeder. Il est apparu en tenue blanche et leur a dit : “Je ne porte que du blanc au monastère de Lagras et à Nikki Beach à Saint-Tropez.” De son côté, la veille de son départ, l’inox Sylvain Tesson a proposé à trois chanoines de descendre en rappel une tour du XVIe siècle d’environ 40 mètres de haut tout de même. Ici, comme ailleurs, Tesson a failli se suicider.

Service limité. 2 mois pour 1 € sans engagement

Mon frère a été surpris par les lunettes bleues de Jean-Paul Entven, ce ne sont pas les montures des gens ordinaires de l’église. Franz Olivier Geesebert semble avoir franchi le pas. C’était mieux qu’un plat sale en politique. La vérité exige que je reste dans le couloir pour le reste de mon séjour. Il m’est arrivé d’aller boire un verre dans un café d’un petit village, Lecanto. Les femmes ont moins de rénovations que Flor et ont vue sur Orbieu. Le vent soufflait sur mes derniers cheveux et je me sentais bien en regardant la rivière.J’ai essayé de rendre une partie de cette expérience mémorable dans le texte que j’ai écrit Trois jours et trois nuits. Il y a aussi des histoires de Boualem Sansal, Sébastien Lapac, Tibaud de Montaig, Simon Liberati, et d’autres écrivains en quête de Dieu.

Du paradis à la purification de Begbeder

L’autre soir, je suis tombé sur Frederick Begbeder lors d’une fête au manoir. Il était 3 heures du matin, tout le monde était dans une situation désespérée. Vous auriez dû y rencontrer le fantôme de Fitzgerald. Frederick a joué un disque et puis je l’ai vu participer à une chenille. Je ne suis moi-même plus très cool et j’ai ri tristement de notre frivolité. Que faisait-on de cet idiot du purgatoire accueilli au paradis l’été dernier ? En entrant dans ces lignes, la nostalgie me rattrape. Lagras me manque. Sans ma femme et mes deux petits enfants, je sauterais dans le premier train et retournerais auprès de mon frère pour prendre l’habitude. Louis-Henri de La Rochefoucauld

Trois jours et trois nuits

Une œuvre collective dirigée par Nicholas Diat.

Application L’Express

Analyse de suivi et décryptage où que vous soyez

Téléchargez l'application

Téléchargez l’application

La Juilliard School, 353 pages, 23 euros.


avis

Chronique

Pierre Assouline, journaliste, écrivain, membre de l'Académie Goncourt, et chroniqueur de L'Express.Pierre Athrine

Chronique

Rapide! Rapide! Il faut blâmer, justifier, exiger encore une autre loi, imposer au nom du bien et critiquer Abnus Charmani.Abnoussé Shalmani

Chronique

Christoph Donner.Christoph Donner

Chronique

Nicolas Buzou (P. CHAGNON / COCKTAIL SANTÉ)Nicolas Buzo