Recrutement, précarité… les contractuels sont-ils la solution à la crise scolaire ?

Ne parlez pas à Laurent Zameczkowski, vice-président de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public, de la politique de développement des ressources humaines de l’éducation nationale. Cela peut être gênant pour lui. “Aujourd’hui, le problème, c’est de ne plus avoir d’enseignants devant les élèves. On va appeler des adultes. Peu importe son parcours !” La pénurie actuelle d’enseignants varie légèrement selon les régions et les disciplines. Cependant, ce n’est pas un phénomène nouveau. Pourtant, la situation s’est considérablement dégradée depuis le début de la crise sanitaire. Au retour des vacances de Noël, les tensions ont encore été exacerbées par la distribution de variantes d’Omicron qui n’ont cessé de faire des ravages à l’école. Après une grève très populaire des enseignants dans les rues dans la nuit du 13 janvier pour montrer qu’ils étaient malades, Jean-Michel Blankel en a trouvé, dont l’embauche de 3 300 contractuels.Des mesures annoncées… Pourcentage des effectifs du secondaire (jusqu’à 20% dans certaines académies). « Il y a dix ans, nous pouvions nous appuyer sur une brigade de remplacement qui s’appelait la TZR (Titulaire de zone de remplacement). Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, rappelle de plus en plus de contractuels. Utilisation à grande échelle.

Ce dernier est donc un rouage essentiel dans les rouages ​​d’un immense établissement d’enseignement national. Problème : Le recrutement est très difficile à certains endroits, comme en témoignent les nombreuses offres d’emploi publiées sur les pages d’annonces d’emploi des réseaux sociaux, ainsi que sur les sites de l’Académie et des agences Paul Amprowa.Agence de presse locale … ou Bon coin !! A cet égard, les exigences des recruteurs ont inévitablement tendance à être revues à la baisse. Officiellement, il faut être titulaire d’un bac +3 pour pratiquer une ou deux fois. Mais dans la situation critique que nous vivons actuellement, un bac+2 peut suffire. Après un entretien avec l’inspecteur de l’éducation nationale, les candidats se retrouvent souvent à sauter en parachute presque du jour au lendemain devant une classe de 30 élèves. “Parfois ça marche, et parfois ça se complique”, avoue Sophie Vénétitay.

Mots pleins de fautes d’orthographe

D’autant que les profils de ces enseignants ambitieux sont très différents. Cette salariée du privé en reconversion, cette jeune diplômée qui voit dans cette fonction un simple métier de l’alimentation, ou encore cette femme passionnée dont la mission était de devenir enseignante mais qui n’a pas réussi à concourir, qu’ont-elles en commun ? Séverine*, professeur de géographie historique à l’Académie de Versailles, appartient au cas de cette dernière personne. Ce contractuel de 51 ans effectue des missions dans diverses installations depuis plus de 20 ans. “Chaque année, changer de métier, c’est changer à chaque fois de manuels au niveau de la classe et reconstituer le réseau au sein de l’équipe éducative”, a déclaré une personne qui travaillait dans un lycée du sud des Hauts-de-Seine l’année dernière et la classe de l’année dernière. travailler une heure et demie au REP (Réseau d’Education Prioritaire) qui est classé université à Sarcelles (Val d’Oise) en transport depuis son domicile. Autant d’expériences qui ont fait d’elle une professionnelle chevronnée. Ce n’est pas le cas de son jeune collègue qui débute.

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la situation n’est pas toujours facile à vivre ensemble dans les quartiers les plus privilégiés. “Il y a quelques années, nous avons vécu une situation très tendue entre nos parents et un nouveau prof de maths qui a eu du mal à se faire respecter, sans sens de la pédagogie. Catastrophe !”, se souvient Sandrin Marquis, la représentante de Rise’s peep. Neuilly Pasteur (Hauts-de-Seine). À la suite de l’enquête, les parents ont découvert que cette personne avait passé toute sa carrière dans le marketing et ne lui avait jamais enseigné auparavant. Thomas*, qui travaille dans une école primaire d’une autre ville cossue de la région parisienne, a déclaré dans son parcours : « Un avocat, caissier, publicitaire, ainsi qu’un ancien salarié qui a travaillé dans le monde viticole bordelais… » Ce dernier arrive un jour dans la salle du professeur et demande à un nouveau collègue ce que signifie le mot “code”. « Intrigués, nous avons regardé les pages du manuel qu’elle nous a tendu et avons trouvé avec surprise qu’il s’agissait d’un chapitre dédié au DCO, qui est un complément direct à l’objet ! », s’exclame Thomas. Les mots laissés dans le cahier de liaison, pleins de fautes d’orthographe, ont mis des puces aux oreilles des parents qui lui ont amené la fronde. Les jeunes femmes sont déplacées ailleurs.

“Il n’y a aucune garantie ou perspective d’évolution.”

Les greffes peuvent également se produire après une période de rodage inévitable. Alexandre*, qui a commencé à enseigner en attendant d’interrompre la musique, finit par se passionner pour le métier. En 2014, il fait ses débuts à l’Université de la République de Bobigny (Seine-Saint-Denis). “J’étais un peu inquiet au début, mais je me suis vite adapté”, explique le professeur de français de 31 ans qui envisage d’amener Capes au camp de la permanence. “Après avoir pas mal arpenté l’académie de Créteil, j’ai besoin de stabilité et de stabilité financière”, avoue-t-il. Séverin admet qu’il en a assez d’être considéré comme un “écart temporaire”. “Les ministres nous appellent souvent dans les derniers instants. Nous n’avons aucune garantie ni perspective d’évolution”, accuse-t-elle. Les salaires sont en moyenne 20% inférieurs à ceux des titulaires, et beaucoup admettent qu’ils ne peuvent pas bien faire. “Il y a urgence à enquêter sur les questions de formation dans leurs premiers mois, plaide Sophie Benettitai, mais il faut aussi accompagner ceux qui souhaitent concourir.”

Cela n’est pas prévu dans les plans de Jack Dase, professeur menuisier au lycée professionnel de l’académie d’Orléans. “Si tu participes à un tournoi national, tu risques d’être envoyé loin de ta ville natale. Il n’y a aucun doute que tu es en région parisienne”, explique-t-il avant de partir en voyage. Au début des années 2000, ce menuisier de formation est licencié de son usine et postule dans une université voisine à la recherche d’un professeur spécialisé dans son domaine. « Je suis retourné à l’ancien cahier d’élèves du CAP et je l’ai géré moi-même », se souvient-il. Après six ans d’exercice continu, Jacques Dhaese obtient un CDI comme l’exige la loi. Mais il conserve sa position contractuelle, qui lui convient parfaitement. Dans certaines académies, des parcours parallèles commencent à se dessiner. Cela peut entraîner des tensions au sein de l’équipe éducative. « Des patrons, comme moi, qui ont connu l’IUFM dans un ancien institut universitaire de formation des professeurs, qui ont décroché des diplômes à grands frais et enchaîné les stages pour faire leurs preuves, voyez ça. C’est un peu difficile. » Olivier est frustré quand un nouveau “collègue” arrive .

Cependant, si l’éducation nationale est contrainte d’attirer des personnels non formés, la concurrence peut avoir du mal à se remplir. Ce phénomène est lié au sentiment de déclassement dont souffre la communauté éducative. Mais pour Bruno Bobkiewicz, président du SNPDEN, le syndicat fondateur, blâmer les contractuels est injuste et dangereux. “La qualité de l’enseignant n’est pas forcément liée à son poste. Vous avez des effectifs plus ou moins performants ou investis non seulement chez les contractuels, mais aussi chez les titulaires”, a-t-il déclaré. Je vous préviens. Des sites que les institutions doivent inévitablement visiter. Du moins après le passage de l’onde Omicron.

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