Risque de pénurie : les centrales nucléaires d’EDF sont-elles bien gérées ?

C’est un slogan que vous pouvez faire même si vous n’êtes pas dans le secteur de l’énergie. A quelques semaines du début de l’hiver, c’était aussi ponctuel que les calendriers de l’avent sur les rayons des magasins et les décorations de Noël de la ville, renvoyant le risque de coupures d’électricité. Lundi en fin de matinée, le gestionnaire de transport RTE a fait état de l’état de “vigilance particulière” inspirée par le réseau électrique cet hiver.

Il n’y a pas de risques significatifs identifiés en novembre et décembre. Cependant, le froid et les conditions défavorables du parc de production en janvier et février peuvent mettre à rude épreuve le réseau. Plus précisément, si la température est “inférieure à la norme saisonnière de l’ordre de 4 à 6°C”, explique le RTE. L’organisation a prudemment ajouté que ces tensions semblent être “peu probables à ce stade, les prévisions météorologiques à 45 jours sont certainement proches des normes saisonnières”.

Evidemment, il n’y a pas de risque de “coupure de courant”, mais c’est un hiver “d’avertissement”. Certaines mesures dites « non marchandes » ne sont pas à exclure, comme la suspension temporaire de la consommation des hommes d’affaires ou l’appel à l’action des citoyens. Nous ne blâmons pas l’entité chargée de gérer l’équilibre offre et demande d’électricité d’être diligent. Néanmoins, la récurrence de ces alertes donne l’impression que le réseau électrique français est toujours au top. Et le nom du criminel est sur toutes les lèvres. Si RTE multiplie son appel d’alerte, c’est surtout que la disponibilité du nucléaire est faible.

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Faible Disponibilité

Depuis le début des années 2020, il y a eu de nombreux arrêts de réacteurs associés à des arrêts de 10 ans (nécessaires pour prolonger la durée d’exploitation de 10 ans). Rien qu’en 2021, sept tests sont programmés tous les 10 ans, dont cinq sont toujours en cours. Sept autres interviendront en 2022. « À titre de comparaison, le nombre moyen de pannes pour les 10 années qui ont commencé entre 2016 et 2019 était inférieur à cinq fois par an », explique NetworkManager. Le Covid, qui a semé la confusion dans la programmation de la maintenance d’EDF, qui est habituellement prévue pour avoir le réacteur à portée de main pendant l’hiver comme l’été, est inutile. Comme un arrêt accidentel. En conséquence, EDF prévoit qu’il ne produira cette année que 345 TWh à 365 TWh. Élargissant le spectre au cours des deux dernières décennies, cette baisse de production n’est pas un cas isolé.

La disponibilité de l'énergie nucléaire a diminué ces dernières années

La disponibilité de l’énergie nucléaire a diminué ces dernières années

EDF / faits et chiffres

Mais cette question a-t-elle des particularités françaises ? Les chiffres semblent le confirmer. Dans son World Nuclear Industry Report, l’expert et militant antinucléaire Mycle Schneider déclare que la France est l’une des puissances nucléaires les moins chargées du monde. Aux Etats-Unis, le même indicateur s’affichait au niveau de 93,7% en 2020 (contre 61,7% en France). La moyenne mondiale est d’environ 80 %. Derrière cet écart apparemment terrible se cachent les éléments structurels clés à noter. « Nous représentons la majorité de l’énergie nucléaire dans notre mix électrique. Cependant, lorsque la consommation d’électricité est faible, comme en été, la production d’énergie nucléaire est réduite. La puissance est réduite car la capacité n’est pas pleinement utilisée. » En charge”, montre Julian . Teddé, directeur général d’Opéra Energie.

Loin de la norme mondiale

Pour les experts, cela ne suffit pas à expliquer l’ampleur de l’écart avec les autres pays. Malgré ce déficit « structurel », EDF a enregistré un coefficient d’occupation de 77,6 % en 2005. Il est proche de la norme mondiale. Ceux-ci sont maintenant très loin. Entre les 429 TWh produits cette année-là et les 350 environ produits cette année, 80 TWh ont disparu de la circulation (supprimer 10 TWh des deux réacteurs de Fessenheim, c’est un peu moins).

“Compte tenu des prix actuels de l’énergie, cette électricité bon marché sera vraiment nécessaire”, a déclaré le fournisseur alternatif. En effet, ce dernier représente 25 % de la production nucléaire d’EDF via Allen. Par conséquent, le volume augmente en même temps que la production de l’électricien. « A EDF, nous avons un sujet réaliste : les plannings de maintenance des réacteurs et l’organisation des arrêts tous les 10 ans », nous travaillons sur la même source. Ce dernier prendra par exemple la fermeture de 23 mois (presque deux ans) du réacteur de Flamanville 2 de janvier 2019 à décembre 2020.

« La critique d’EDF est un peu dure et facile », déclare Nicolas Goldberg de Columbus Consulting. Les experts rappellent notamment que depuis 2011, suite à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, le Bureau de la sûreté nucléaire a intensifié les contrôles pour amener le parc nucléaire aux nouvelles normes de sécurité. « La mise en œuvre de ces normes peut affecter le facteur de charge. Elles prennent plus de temps à mettre en place et réduisent la disponibilité de la flotte, mais elles sont nécessaires compte tenu des problèmes de sécurité. Personne n’est inquiet. Je ne vais pas me plaindre. »

Les problèmes de performance?

La construction d’un parc nucléaire avec de grosses vagues signifie aussi que la révision décennale tombera en même temps ou presque. “Nous avons une année d’exploitation de huit centrales nucléaires. Mécaniquement, elles atteignent toutes un arrêt de 10 ans sur 40 ans en même temps, mais ce type d’arrêt dure en moyenne 6 mois. Suite. Les parcs sont tous, euh, quand vous atteignez huit, ça va se voir en disponibilité », a ajouté Nicolas Goldberg.


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Pas responsable, EDF ? Pour les professionnels, il existe encore des « attentes » propres aux électriciens. “C’est vrai que la programmation des inspections tous les 10 ans est un peu tardive. J’ai l’impression que les choses se font souvent à la va-vite sans préparation. Les actionnaires de l’Etat ont fermé le réacteur depuis 20 ans. Ou la fermeture) n’a pas été en mesure de développer une stratégie énergétique cohérente et EDF n’est pas soutenu.


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