Russie-Ukraine : “Poutine prend de plus en plus de risques”

Risque de guerre jugé “impasse”, “élevé” : Cette semaine, une séquence diplomatique acharnée entre Occidentaux et Russes tentant d’éviter le pire en Ukraine n’a pas apporté d’éclat en un coup d’œil… La Russie, qui a attiré près de 100 000 soldats à la frontière avec l’Ukraine, continue d’exiger l’engagement de l’OTAN à ne pas intégrer cette ex-République soviétique dans sa classe. Face à la “plus grande pression” de la Russie, les Etats-Unis se disent “prêts à tous les scénarios”, jusqu’à de “graves” représailles économiques et financières. Partie bloquée du site Web du gouvernement. Pour François Tom, professeur d’histoire prestigieux à la Sorbonne, Poutine “veut endosser son rôle de ‘collecteur de terres russes’ pour entrer dans l’histoire”.

Express: Texte publié en juillet, Vladimir Poutine prétend prouver “l’unité historique entre Russes et Ukrainiens”. Qu’est-ce qui est vrai?

Françoise Tom : Mascoby, une région historique de la Russie, est un ancien fragment entier appelé Rus, la Principauté de Kiev.Oblast de Kiev [les actuelles Ukraine et Biélorussie, NDLR] Elle est apparue au milieu du IXe siècle et s’est convertie au christianisme en 988. Au plus fort du XIe siècle, la Russie de Kiev faisait partie du système politique européen, même si elle n’appartenait pas à l’Empire romain. En 1240, le neveu de Gengis Khan, Batu, conquit Kiev et fonda une horde dorée qui faisait partie de l’Europe dans l’empire mongol. Il s’étend de l’Oural et de la mer Caspienne jusqu’à l’embouchure du fleuve Donau. Deux pôles sont apparus lorsque la horde d’or s’est dissoute à partir de 1430.

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Les premières Rus occidentales (anciennement Kiev) ont été conquises par les Lituaniens aux XIIIe et XIVe siècles. En 1386, la Lituanie est unie à la Pologne par un accord de dynastie et convertie au catholicisme. Le second est le Grand-Duché de Moscou au nord-est, qui s’est appuyé sur les Tatars pour prendre le pouvoir à la fin du XVe siècle. Au XVIIe siècle, cela arrache l’Ukraine à l’orbite polono-lituanienne. Si l’on se place d’un point de vue historique, comme l’aime Vladimir Poutine, les Ukrainiens demanderont plutôt aux Russes de retourner dans la « patrie » des Rus’ de Kiev ! Au contraire, Poutine est convaincu que l’Ukraine n’est pas une nation, mais un projet artificiel nourri par les ennemis de la Russie, la Pologne, l’Autriche-Hongrie et maintenant l’OTAN.

Que veut faire Poutine en Ukraine ?

Poutine veut assumer son rôle de “collecteur de terres russes” pour entrer dans l’histoire. Sans aucun doute, il croit en sa propre propagande et, comme il le dit, ignore que c’est sa politique qui a fait de l’Ukraine « anti-Russie » avant tout. Ce qui compte pour lui, c’est de mettre en place un gouvernement à Kiev, qu’il contrôle, et de créer de nouvelles nations, dont la Russie (en position dominante), la Biélorussie et l’Ukraine. temps.

Sa peur de l’élargissement de l’OTAN est-elle vraie ?

La propagande du Kremlin veut vous faire croire que l’OTAN représente une “menace” pour la Russie. Cette OTAN a dormi jusqu’en 2014 et ne s’est réveillée qu’après l’annexion de la Crimée. En fait, les dirigeants russes voient l’OTAN comme un tigre en papier mâché, les Occidentaux comme vulnérables, et ils pensent que c’est un moment favorable pour les faire reculer n’importe où dans le monde.

Ce dont ils ont vraiment peur, c’est de la transmission de la liberté. Ils ont le sentiment que tout ce qu’ils ne peuvent pas contrôler peut les déstabiliser et veulent que leurs voisins soient dominés par une tyrannie corrompue rejetée par leur peuple.-Parce que ces hommes contrôlent. Un ultimatum présenté à l’Occident le 17 décembre maudit l’OTAN pour que les pays d’Europe centrale et orientale privés du bouclier de l’OTAN soient vulnérables au chantage russe et puissent donc répondre à Moscou.

On sent que Poutine prend de plus en plus de risques…

L’examen de son comportement au cours des deux dernières décennies montre qu’il a tendance à prendre de plus en plus de risques jusqu’au chantage nucléaire après 2014. Cette escalade peut s’expliquer par plusieurs facteurs. En Russie, le mépris grandissant pour les faiblesses des dirigeants occidentaux et l’isolement grandissant au sein du petit cercle de l’ancien KGB, qui a la même vision du monde intrigante et paranoïaque que lui. Cependant, l’expérience a montré que Poutine recule lorsqu’il rencontre une résistance ferme. C’est la limite du boycott des tomates et du flot de touristes !

Biélorussie, Kazakhstan… Pour continuer à dominer la “nation amie”, Poutine leur apporte son soutien pour leur rappeler la pression soviétique sur ce “satellite”…

L’intervention de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) au Kazakhstan montre le véritable rôle assigné à cette organisation dans l’esprit des dirigeants du Kremlin. Il ne s’agit pas d’assurer la sécurité des États membres, mais d’assurer la sécurité de la dictature post-soviétique. En règle générale, l’organisation n’a pas eu besoin d’intervenir au Kazakhstan, car il n’y a pas eu d’ingérence extérieure au Kazakhstan. En réalité, l’OTSC agit comme une force de police pour assurer le pouvoir et l’immunité du dictateur. En échange, Moscou les a forcés à devenir pro-russes, admettant une oligarchie proche du Kremlin, secteur juteux de l’économie, et expulsant les ONG occidentales. Le même scénario peut être observé en Afrique. Le Kremlin cherche à se maintenir au pouvoir avec des mercenaires et des dictateurs dont le trône vacille.

Les relations intimes de la Russie avec la Chine seront-elles renforcées ?

Les relations russo-chinoises ont été abusées par deux voleurs pour faire pression sur l’Occident. En fait, l’obsession anti-occidentale de Poutine l’encourage à embrasser une relation quasi vascularisée avec la Chine. La Russie vend des hydrocarbures à la Chine à un prix sacrificiel bien inférieur au prix facturé à l’Europe. Plus Poutine se brouille avec les Occidentaux, plus il devient dépendant de la Chine et, contrairement à l’Europe, il ne lui fait pas de cadeaux, pas plus en Asie centrale qu’ailleurs ! La Chine est un grand bénéficiaire de la folle politique étrangère de Poutine.

Express

(1) Auteur Compte à rebours.Aperçu de l’histoire soviétique et russe (Presses Sorbonne Université, 2021).


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