Saisie « iel » dans le dictionnaire : « C’est un acte radical, Le Robert a échoué »

Le célèbre dictionnaire Le Robert s’enrichit d’une toute nouvelle définition dans la version en ligne. Ainsi, iel Est “le pronom sujet personnel d’un tiers singulier et pluriel utilisé pour désigner des personnes de tous genres”. Exemple : “Utilisation des pronoms dans la communication inclusive”.

“Mon bras m’est tombé dessus”, a déclaré mercredi à L’Express l’adjudant LREM d’Indoru François Jolivet en lisant ces mots. Sur Twitter la veille, des élus estimaient que l’auteur de cette définition était « un militant français d’une cause sans rien : le wokisme ». En joignant une lettre à l’Académie française, il ajoute : « La campagne solitaire de Petit Robert est une évidente invasion idéologique qui sape notre langue commune et son rayonnement. Une position endossée par le ministre national de l’Éducation nationale Jean-Michel Blankel, auteur de plusieurs excursions sur le “Wokisme”, qui symbolise la prise de conscience des discriminations subies par les minorités.

« Est-il utile de rappeler que Le Robert, comme tous les dictionnaires, contient de nombreux mots qui véhiculent des idées actuelles ou passées comme des tendances sociales ? Je suis d’accord avec le sens véhiculé par ces mots. positivement : le débat sur notre langue, son évolution et son usage est tantôt vif, tantôt houleux, pas nouveau, sa vitalité. On peut même voir d’excellents signes du dictionnaire », a répondu l’éditeur. Dans un communiqué de presse.. Pas de quoi apaiser le député de la majorité de François Jolivet répondant aux questions de L’Express.

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Pourquoi avez-vous réagi si fortement à l’apparition du mot « iel » dans le dictionnaire de Robert ?

François Jolivet : Premièrement, je me suis longtemps opposé à l’écriture compréhensive sur laquelle « iel » insiste, mettant de côté 15 % des français dyslexiques.J’en fais un surnom : écriture exclusive [le député a participé en début d’année à la rédaction d’une proposition de loi visant à l’interdire dans les documents administratifs, NDLR].. Quand j’ai vu l’initiative de la Collection Le Robert d’inclure ce pronom dans le dictionnaire, mon bras est tombé sur moi. Les langues peuvent évoluer, mais seulement si les mots utilisés sont répétés. Ce n’est pas le cas actuellement. Par exemple, peu d’articles de journaux mentionnent l’expression « iel ».Même l’éditeur de Robert dit que voter n’a pas été facile [le terme “RARE” est placé en amont de la définition, NDLR].. Par conséquent, à mon avis, ce choix laisse une marque de lutte acharnée et de wokisme introuvable dans les ouvrages de référence trouvés au collège, au lycée et sur Internet. Robert a échoué.

Si Le Robert est une bibliographie, pourquoi ne pas lui faire confiance sur le choix des mots qui figurent dans son dictionnaire ?

Je n’ai même pas de manuel cette fois. Comment utilisez-vous ce « iel » ? Comment est-il ajusté ? Et pourquoi « ielle » et « ielles » sont-ils également inclus dans la définition ? Enfin, il existe quatre pronoms dont le genre est maintenu pour inclure ceux qui prétendent n’avoir aucun genre.Enfin, si je vais au bout du raisonnement, nous nous mettrons donc d’accord sur ces [des points médians, NDLR], C’est intolérable.

Tout cela est le signe d’une position plus politique que l’orthographe. Je ne voulais pas provoquer de polémique sur cette question, mais l’écriture du dictionnaire Le Robert est quelque chose de bien plus grand qu’elle-même, gardienne de notre langue. Ces combats politiques et militants doivent rester dans le domaine personnel.

Néanmoins, la non-dualité est une réalité. Comment tenez-vous compte de cela en français?

Au contraire, deux mots déjà dans le dictionnaire en apprenant à accepter la « différence » et à promouvoir la « tolérance ». Je n’ai pas à juger comment se construit le bonheur, mais je ne pense pas que l’usage du langage soit le vecteur de libération pour ces personnes. Au contraire, je pense que c’est une bataille d’arrière-garde.

Qu’est-ce que cela a à voir avec le “woxisme” que vous blâmez également ?

Le wokism doit finalement s’excuser pour qui nous sommes. C’est une idéologie importée des États-Unis. “Iel” est un symbole de ce pronom car il ne peut être introduit sans tenir compte de la grammaire. Mais je ne sais pas ce qu’est une grammaire sans genre. Le français a un genre. Bien sûr, l’anglais ne l’est pas. Mais les problèmes derrière tout cela sont : L’égalité est-elle plus avancée en Australie et au Royaume-Uni qu’en France dans les pays où l’égalité est parlée, comme les États-Unis ? Je ne crois pas.

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Qu’attendez-vous d’une lettre à l’Académie française ?

J’espère que la Perpétuelle Madame Le Secrétaire de l’Académie Française (qu’elle veut elle-même s’appeler ainsi) se lèvera. Même si nous savons que cette entité est la gardienne d’un langage normatif impuissant, nous espérons qu’elle reste une référence et qu’elle puisse s’exprimer sur ce sujet important. Derrière la grammaire, il y a une lecture de l’accès au savoir, et plus largement une problématique.


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