Soif d’autres lieux et douceur de vivre

Réduire la fréquence des vols à l’étranger, privilégier la campagne en bord de mer, s’installer dans un pavillon de jardin à l’écart du centre de la grande ville, mettre sa voiture au garage, privilégier la marche et le vélo… Le virus corona nous a guidé pour repenser la façon dont nous voyageons. Et après un long mois de pandémie, les Français veulent plus que jamais revoir le pays.

A la sortie de la crise, 60% souhaitent privilégier les déplacements, selon une enquête mondiale menée par le Boston Consulting Group. “Ils veulent renouer avec leurs déplacements de loisirs, mais il y a des changements par rapport au ‘précédent’. Pierre François Marteau, Chef de Projet Senior au BCG, garantit. Destinations, transports… tout est remis en cause depuis le coronavirus. 52% des Français souhaitent retrouver famille et amis dispersés dans tout le pays. 37% se détendent loin de tout et 7% ont soif de nouvelles expériences.

Les français bougent

Sans surprise, l’envie de vacances au soleil, à la plage, ou en pleine nature précède l’exploration des grandes villes. “Mais il faut être conscient des envies exprimées de type “voyage au plus près” et “moyens de transports écologiques”. Il n’y a rien que la réalité ne change du tout », assure Pierre François Marteau.Opinion de la sociologue et anthropologue Saskia Cousin, co-auteur avec Bertrand Law, maître de conférences à l’Université de Paris 5 Sociologie du tourisme (La Découverte) : « Depuis longtemps, nous privilégions un modèle de mobilité basé sur « toujours, encore plus vite ». Cela a également servi comme une forme de distinction sociale. Mieux mesurer les effets à la fois du climat et de l’hygiène. “”

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De toute façon, les Français n’ont jamais bougé comme en 2019. Cette année-là, selon le Baromètre Opodo / Raffour Interactif 2020, 68% d’entre eux sont partis d’un coup. Je sais qu’en France, surtout l’été, la moitié d’entre eux vivent avec de la famille et des amis. « La façon dont l’aventure est perçue ne dépend pas de la distance parcourue, mais de la façon dont elle est vécue, rappelle Saskia Cousin. La pandémie n’a fait que renforcer cette envie structurelle de Bretagne, de Vendé ou de Provence. Habituellement (comme 2018 ou 2019), 80% des vacanciers français restent en France. À l’été 2020, ce taux est passé à 94 %.

Charme de la campagne

Le mouvement s’est accompagné d’un enthousiasme extraordinaire pour la campagne. Même Airbnb est conscient de l’effervescence des lieux isolés proches de la nature. Moins que ? “Cela dépend évidemment de l’hygiène, mais ces vacances passées loin de la foule ont peut-être donné envie à certaines personnes de rester longtemps loin de la plage”, a déclaré Saskia Cousin. Est-ce le dernier adieu au tourisme de masse au profit de « vacances raisonnables » ? Attention… “Les choix de déplacements nature et respectueux de l’environnement ont toujours existé, mais ils restent minoritaires, poursuit Saskia Cousin. La population d’un pays riche, instruit et privilégié. Seule une petite partie d’entre eux peut se poser des questions. “Comment” car elle a eu accès aux vacances depuis longtemps. En attendant, leur possible généralisation à d’autres classes sociales et à l’ensemble de la planète. Fortiori aura besoin de changements majeurs. On ne peut pas demander aux voyageurs d’agir de manière responsable. Elle impose l’imaginaire d’un voyage lointain sur le changement climatique. ”

Le géographe Michel Rousseau pointe lui aussi la même réserve. “Avec 4,5 milliards de passagers d’avion contre 2,5 milliards il y a 10 ans, la Terre n’a jamais connu autant de migrations qu’en 2019. Désormais, hormis la crise sanitaire, les Terriens La moitié d’entre eux voyagent au moins une fois par an, et cette tendance est rare. Cela a été remis en cause. Il est presque impossible d’imaginer une désillusion particulière dans une région où le tourisme bas de gamme a été envahi.

“La ville à portée de main”

Une chose est sûre : la crise sanitaire a fait réfléchir les Français sur leur mobilité, pas seulement pendant leurs vacances. “Sa propagation très rapide amène inévitablement le Covid-19 à s’interroger sur l’évolution de l’urbanisation de notre planète et sa dépendance à la mobilité”, a déclaré Michel Rousseau. Ainsi, l’attrait des Français pour la maison individuelle s’est accéléré ces derniers mois. Sans parler de l’évasion de la ville, les notaires ont constaté une augmentation de la part des acquéreurs dans le secteur voisin, la région Ile-de-France, après le premier confinement : Yonne, Huret, Orne… un pavillon avec jardin. Devient de plus en plus important avec l’essor du télétravail.

Mobilité urbaine : les applications changent

Mobilité urbaine : les applications changent

-(C) L’Express / Dario Ingiusto

Les transports quotidiens posent plus de problèmes que jamais. En raison de la crise sanitaire, les Français ont abandonné les transports en commun. “Les modes actifs comme la marche et le vélo ont particulièrement bien réussi, souligne le sociologue Bruno Marslov, fondateur de Cronus et président de la Fabrique des mobilités. Une “démobilisation” particulière a commencé. Cinquante-cinq pour cent des personnes interrogées ont déclaré qu’elles ne prendraient plus le même chemin. Ce n’est pas un hasard si la route de 9 000 km a été transformée en piste cyclable depuis l’introduction du Covid. ”

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Ces réflexions nous obligent également à repenser notre urbanisme. Longtemps la France a déduit du « zonage » : des bureaux ici, des maisons là-bas, des supermarchés ailleurs, des destructions d’espace naturel et des déplacements dans tous les sens. C’est l’heure d’une « ville facile d’accès » où vous trouverez commerces, écoles, bureaux, salles de sport et tout le reste à moins de 15 minutes à pied de votre domicile. Une solution fondamentale pour réduire le temps perdu dans les transports et améliorer la qualité de vie. Cependant, il n’y a pas d’illusion. Comme le soulignait le grand urbaniste François Asher, « 30 ans plus tard, 80 % des villes occidentales sont encore dans leur forme actuelle ».


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