Violences, menaces, attentats… pourquoi les Français évoluent radicalement


UDémocratie affaiblie et citoyenneté radicalisée.C’est un portrait inquiétant de la société française dressé par le Harris Interactive Poll Thème* Publié ce mercredi 8 décembre. Cette enquête, qui portait sur un large échantillon de plus de 10 000 personnes, non seulement confirme le constat d’une inquiétude croissante de la population à l’égard de ses représentants et institutions, comme on le sait déjà bien, mais identifie également des spécificités de la violence. Jusqu’à ce que vous atteigniez le point de non-retour ?

Un Français sur cinq pense que notre pays est un système autoritaire, pas une démocratie. Elle tend à être plus marquée chez les partisans du Rassemblement national (RN, 31 %) et de France (LFI, 26 %) de la désobéissance, entre les catégories les plus modestes (27 %) que les plus riches (10 %). Vingt et un pour cent des sondages estiment également que voter n’est pas très utile, car les politiciens sont « moins puissants ». Près de la moitié de cette démocratie en France ne fonctionne pas bien.

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Un élu déconnecté

“La France en a marre de la démocratie”, résume Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS et au Cevip de Sciences Po. Il voit dans cette enquête une “confirmation de lassitude démocratique” et un “véritable fossé entre les politiques et les citoyens” dans le pays. Quatre-vingt-cinq pour cent ont reproché aux élus d’être séparés des décisions prises à Paris, laissant entendre qu’ils étaient loin des lieux, et ont évalué davantage les élus locaux. résolu.

Près des trois quarts des Français pensent que leurs opinions sont entendues, mais pas les politiques. Ils demandent l’approbation des votes blancs ou un recours plus fréquent aux référendums. L’urgente nécessité de plus d’uniformité est : “La grande leçon de cette étude est que nous ne sommes pas sortis de la crise des gilets jaunes”, a déclaré Luc Rouban.

L’idée est que les choses nous échappent et il y a une forme d’inertie réelle que la politique ne peut plus contrôler.Luc Ruban

Beaucoup plus surprenante pour les chercheurs est la proportion de Français qui justifient la violence. Près d’un tiers d’entre eux déclarent comprendre l’usage de la violence pour s’opposer aux décisions politiques. Des émotions plus marquées chez les partisans des adolescents (15 % de plus de 65 ans, 47 % de 18-24 ans), de LFI (53 %), d’infirmières autorisées (38 %) et d’écologistes (32 %) de la classe ouvrière (39 %). Mais même parmi les personnes les plus riches, 26% déclarent comprendre l’usage de cette violence. « Waouh ! » souligne Luc Rouban.

France, le cas est différent

Les personnes interrogées soutiennent ou comprennent le déclin du personnel parlementaire (30 %), les menaces contre les fonctionnaires élus (28 %) ou les attaques contre les fonctionnaires élus (26 %). Le résultat est “très inquiet”, et les chercheurs sont inquiets. Les Français n’ont “plus confiance en leurs représentants et médiations”, ce qui les pousse à la radicalité. “Au fond, l’idée est que les choses nous ont échappé et il y a une forme de véritable inertie que la politique ne domine plus.”

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« La France reste un cas à part en Europe, précise Luc Rouban. Abstention, méfiance, critique acerbe du système… tout cela est plus fort ici qu’ailleurs. » Une réforme radicale du modèle institutionnel français à travers le Gilets Jaune ou le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) soutenu par VIe Est-ce suffisant pour sauver la démocratie de la France, une république soutenue par LFI ? “Je ne sais pas”, tranche le chercheur qui pointe un problème plus profond. “On voit qu’une partie de la population se sent marginalisée plutôt que libre de ses choix. La France est une société très hiérarchisée et la mobilité sociale est complexe. C’est déjà beaucoup. Expliquer que…”

* L’enquête a été réalisée en ligne du 21 au 29 octobre 2021 et a porté sur un échantillon de 10 320 représentants de Français de plus de 18 ans.