Wokisme, écologiste radical… démocratie Taliban, Alain Madelin

Ce mouvement n’est que le dernier avatar du processus de déconstruction qui a miné notre démocratie pendant des décennies. Quelques idées le résument. Tous les pouvoirs, toutes les autorités, sont des oppressions qui doivent être lavées. Toute connaissance doit être démantelée car elle est le produit de la force. La distinction masque la hiérarchie. Toutes les langues reflètent la dominance qui obscurcit la vraie réalité.

Avec de tels outils de démantèlement, on peut tout démonter : les couples, les familles, les autorités de toutes formes, les écoles, les collèges, les langues et leur domination sexuelle, la justice et le droit, la culture et la société. L’histoire, la science elle-même… nos valeurs n’ont pas augmenté. Autant des valeurs populaires issues de l’expérience de la cohabitation, nos habitudes – celles qui constituent les liens profonds de la société – que nos plus hautes valeurs universelles, sans elle notre démocratie n’est qu’une urne.

Exacerber les problèmes raciaux pour éliminer l’oppression

Le « wokisme » réveille la répression raciale, et quoi qu’il en soit, si la France n’a pas d’héritage raciste aux Etats-Unis, elle a un héritage colonial. Par conséquent, les questions raciales doivent être exacerbées afin d’éliminer l’oppression. Aujourd’hui, notre démantèlement entend fédérer toutes les victimes de la civilisation occidentale, sa culture, son mode de production, son mode de vie, et ses revendications de valeurs universelles.

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C’est là que la planète elle-même, une autre victime majeure supprimée par la même civilisation, arrive. Le mouvement pour libérer cette oppression est l’écologie fondamentale de ce qu’on appelle l’écologie « profonde », qui est l’écologie de ce que l’islamisme est pour l’islam. Nous utilisons explicitement la peur (comme le dit Greta Thunberg, “Je veux que tu paniques”). Car si vous pensez que l’humanité est sur le point de disparaître à court terme, que la terre est trop petite pour beaucoup de gens, et qu’ils tournent le dos au progrès pour résoudre le problème, il y a d’autres solutions qui ne l’est pas. Déclarer la démocratie engagée dans des conditions de guerre, de suspension des libertés et de marches forcées de la décroissance. Par conséquent, le véritable ennemi de la planète est l’être humain lui-même, et l’approche de Malthus doit réduire ce nombre. La terre a de meilleurs droits que nos pauvres droits humains.

Brigade de la vertu contre les vices

La déconstruction, le « woxisme » et l’environnementalisme radical conduisent à une sorte de « talibanisation » de la démocratie. Le mot est sans doute exagéré, mais il ne manque pas de sens tant la violence et l’intolérance accompagnent ces nouvelles bases. Nous démantelons les statues et brûlons parfois quelques livres, mais l’essence de ce taliban démocrate se joue aujourd’hui dans le monde numérique où sévit une brigade des vertus contre les vices. Ils diabolisent, blâment, interdisent, persécutent, lapident, interdisent et exigent la censure en quelques clics. Les émotions conduisent la raison. Le géant du net accompagne le mouvement. Le capitalisme s’agenouille. Il coopère, compose et récupère.

La démocratie s’effondre et se sépare de ses valeurs. Mais, comme nous le croyons, ce ne sont pas des valeurs occidentales, mais relatives et oppressives. Ce sont des valeurs humaines à portée universelle. La lapidation n’est pas une forme d’exécution, l’esclavage n’est qu’un contrat de travail éternel…

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La partie de gauche tourne désormais le dos aux Lumières. Certains droits (et les droits dits « hors du mur ») n’ont cessé de blâmer la maladie des « droits de l’homme » et la doctrine de « l’État de droit » comme des obstacles à la volonté politique depuis des années. Ils contribuent à leur manière à la perte de la valeur immunitaire démocratique. La démocratie limite le pouvoir par des principes supérieurs, qu’il s’agisse du pouvoir de l’État ou du pouvoir des minorités actives. L’élection présidentielle marque définitivement la fin de ces bêtises. Mais au-delà, il s’agit de se lever pour ne pas accepter la défaite universelle.


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Frédéric Filloux est chroniqueur à L'Express et rédacteur en chef de Monday Note.Frédéric Phillow

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